Deux textes à lire et à méditer pour les partisans du Réseau Liberté-Québec

Ce billet ne sera pas le plus vitriolique de l’histoire de ce blogue, mais ça pourrait survenir à un moment donné.

Malgré une certaine sympathie envers cette idéologie (qui se traduit notamment dans mes six attitudes anarcho-pragmatistes essentielles), je ne suis pas un libertarien. Par exemple, contrairement à eux, je suis contre la propriété et le profit et je dénonce toutes les hiérarchies de pouvoir. Néanmoins, le penseur libertarien le plus reconnu au Québec, Martin Masse, avait déjà exposé certaines réserves face à des mouvements politiques potentiels de drouate comme le Réseau Liberté-Corpo-Étatiste-Culbec.

Attention, je ne prétends pas être d’accord avec tout ce que Martin Masse a dit, mais il y a matière très sérieuse à réflexion pour les drouatistes étatistes dans ces deux textes. Dans ce premier texte dont je recommande la lecture, Martin Masse dit entre autres ceci:

si vous tentez de fédérer une chose et son contraire, de plaire à toutes les différentes tendances de la droite étatiste et de la gauche réaliste (les soi-disant «lucides») en même temps que vous cherchez à concilier les libertariens et ceux qui veulent d’abord et avant tout que l’État s’enlève de leur vie, vous allez tourner en rond et échouer, exactement comme l’ADQ au cours des quinze dernières années.

La seule façon de fédérer une partie de ce monde (ceux qui sont vraiment prêts à appuyer un changement de direction concret et radical, et non seulement quelques réformettes pour maintenir en place l’État-providence et le rendre plus «efficace»), c’est de s’entendre sur un programme de réduction de la taille et du rôle de l’État, et de ne pas le contredire constamment avec des suggestions de nouvelles interventions pour acheter l’appui de tel ou tel groupe ou simplement pour cause de confusion idéologique.

Les organisateurs du RLQ disent croire «qu’il est temps de cesser de jouer le jeu des camps étatistes, fédéralistes et souverainistes et de faire les débats que permet une analyse sur l’axe gauche-droite». Je suis évidemment d’accord pour ce qui est de la confusion engendrée par la question nationale sur nos débats politiques (Note de David: je ne suis pas d’accord avec cette prémisse), sauf qu’une telle déclaration gomme elle-même le fait crucial que la droite est en réalité aussi étatiste que la gauche (comme l’ont démontré on ne peut plus clairement les gouvernements Bush et Harper).

Dans ce deuxième texte dont je suggère la lecture, Martin Masse disait aussi ceci:

La seule façon de maintenir une telle coalition autour de l’objectif de réduire le rôle de l’État est de s’imposer une sorte de cadre contraignant: la seule position officielle du mouvement ou du parti doit être de réduire le pouvoir de l’État et le redonner aux citoyens, à divers degrés ou vitesse selon le domaine, mais il ne doit jamais préconiser l’intervention de l’État ou le maintien de privilèges pour certains. Si des individus ou des groupes au sein de la coalition croient que l’intervention de l’État est nécessaire dans un domaine ou un autre, ils doivent défendre cette idée à l’extérieur du mouvement et ne pas chercher à la faire accepter au sein de celui-ci. Sinon, au lieu de débattre et de lutter contre nos opposants étatistes, nous débattons et nous nous disputons entre nous. Chacun doit donc faire des compromis, autant les conservateurs étatistes sur certains points que les libertariens devant tempérer leur vision plus radicale pour composer avec la réalité d’une coalition.

Malheureusement pour le Réseau Liberté-Corpo-Étatiste-Culbec, il semble que les libertariens soient les seuls à accepter un compromis (et tant qu’à moi, cette position de compromission est intenable avec ce qu’on sait maintenant, et n’aurait jamais dû avoir lieu) et que les autres drouatistes étatistes (i.e. la grande majorité de leurs partisans) n’ont manifestement pas compris le message lancé par Martin Masse, ce qui confirme qu’ils sont tout simplement des sales CONservateurs étatistes bornés et autoritaires qui usurpent le sens du mot « liberté » pour leurs propres intérêt$$$$ corpo-étatistes!

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7 Réponses

  1. […] This post was Twitted by davidg0 […]

  2. Je veux comprendre.

    Ou est-ce que le RLQ pèche par rapport à ceci:

    « La seule position officielle du mouvement ou du parti doit être de réduire le pouvoir de l’État et le redonner aux citoyens, à divers degrés ou vitesse selon le domaine, mais il ne doit jamais préconiser l’intervention de l’État ou le maintien de privilèges pour certains. »

    1. Pour m’y être pointé, au RLQ, par intérêt, je peux vous dire qu’ils sont pour un petit État mais presque tous pour un Colisée financé par l’État. Ils sont plus contre les syndicats que contre toutes les corporations.
      Ils se définissent plus par des « contre » que par des « pour ».
      Les orateurs étaient plus subtils, voire contre les corporations, mais chez les « Spectateurs », qui participaient amplement, les corporations privées n’étaient jamais dénoncées.

      1. Voilà, il y a certaines confusions qui subsistent!

    2. Avez-vous lu le discours d’ouverture de Johanne Marcotte? Connaissez-vous les positions autoritaires de plusieurs des intervenants de ce Réseau?

  3. «la gauche réaliste (les soi-disant «lucides)» Les lucides forment probablement le groupe le plus à droite au Québec, du moins dans ceux qui sont connus auprès de la population. Je vois pas trop de quoi il parle.

    1. Il parlait des lucides, point! Je n’ai jamais dit que j’étais entièrement d’accord avec Martin Masse.

      Ça provient de la « gau-gauche efficace » de Lisée.

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