Retour sur la lutte anti-école

Je vais répondre ici à quelques commentaires concernant mon billet précédent portant sur la lutte contre les écoles comme alternative efficace à la lutte au décrochage scolaire.

En réponse à mon passage suivant: « C’est assez! C’est la goutte qui fait déborder le vase, j’en ai assez dit ici! Lisez le reste du torchon que je vous ai suggéré de lire, si ça vous tente de perdre votre temps! », Tym Machine dit ceci:

Au contraire, lire des choses qui ne vont pas dans le sens de nos opinions forgent l’esprit et c’est ainsi que notre pensée évolue et se métamorphose dans le temps. Sans cet antagonisme vital, tout est cimenté et aucune évolution de la pensée n’est possible.

Je suis entièrement d’accord avec lui. Je regrette même d’avoir écrit ce passage. J’imagine que je voulais exprimer mon écoeurement de cette façon…

Il y a aussi Lutopium qui a commenté:

J’ai beau lire les nombreux billets et commentaires concernant la privatisation du système d’éducation primaire et secondaire

Je ne prône pas la même privatisation que ce qu’on lit en général. La privatisation est « l’action de transférer ou vendre (la plupart du temps à rabais, en plus!) une propriété illégitime de l’État à une entreprise privée, dont sa nouvelle propriété sera illégitime par conséquent ». Les anarchistes et les libertariens non vulgaires prônent plutôt la désétatisation, i.e. « la dépossession de l’État de sa propriété illégitime vers les contribuables et les travailleurs (les possesseurs légitimes) ». Dans ce cas précis, les possesseurs légitimes seraient idéalement les clients de ces institutions scolaires, i.e. les enfants. Mais comme ça me semble difficile en pratique, disons que ça pourrait prendre la forme de coopératives enfants-parents-professeurs, mais en autant que les parents ne forcent pas leur enfants à aller dans ces écoles! De plus, les zélateurs québécois de la soi-disant « privatisation » des écoles prônent presque tout le maintien du financement étatique en éducation, par un système de bons « vouchers » (financé avec de l’argent volé aux CONtribuables sans enfants pour forcer les enfants à aller à l’école) ou par des subventions plus généreuses à l’école soi-disant « privée ». Pas question d’appuyer de telles stupidités!

et je n’arrive pas à voir comment ça pourrait contribuer à diminuer le décrochage

Je vais à nouveau citer mon billet pour y répondre: « La première chose à faire pour combattre le décrochage scolaire est simplement d’abolir l’école obligatoire, ce qui éliminera plusieurs décrochés (sérieusement, je hais profondément le terme « décrocheur », comme si c’était toujours uniquement de leur faute! 😦 ) qui n’en ont rien à cirer de l’école et de sa profonde platitude.

La deuxième chose à faire pour combattre le décrochage scolaire est d’offrir une concurrence non-étatique (et ne me parlez pas des écoles soi-disant privées, qui sont hautement subventionnés et/ou qui suivent les programmes étatiques) au système d’instruction étatique, et non pas d’augmenter les tarifs étatiques pour graisser la patte des bourreaucrates, afin de restreindre l’instruction aux mieux nantis et d’empêcher les crisses de pauvres intelligents de s’instruire! Cette nouvelle concurrence introduite au système d’instruction créera une variété qui intéressera plus d’étudiants, ce qui réduira le taux de décrochage! De plus, l’incompétence et la platitude (n’oublions pas que les syndicaleux croient que l’ancienneté et le népotisme doit être prioritaire en comparaison avec la compétence chez les enseignants, et que les futurs enseignants sont parmi les étudiants les plus médiocres à l’université) inhérentes au système d’instruction étatique, particulièrement depuis le début de la réforme anti-connaissances appuyée par le nouveau démissionnaire « lucide » François L’Égo, crée artificiellement du décrochage scolaire. »

Il me semble que c’est assez clair comme explication. Dois-je ajouter quelque chose?

ou assurer une éducation de qualité à tous et à toutes

Je n’ai jamais prétendu que ça allait assurer une éducation de qualité pour tous! Je prétends seulement que ce mode alternatif va améliorer les choses pour plusieurs raisons, dont celles-ci:

1) Ceux qui haïssent l’école n’iront pas nuire aux autres. (personne ou presque n’a pensé à un tel truc!)


2) Les professeurs seront choisis selon leur compétence, et non pas par des critères syndicaleux étatistes comme l’ancienneté, le népotisme et le fémi-favoritisme.


3) La variété et la compétition améliorera la qualité des écoles.

Je ne dis pas que le système actuel est parfait, loin de là. Mais je ne crois pas que la disparition des structures actuelles permettrait de résoudre le(s) problème(s).

De quels problèmes parle-t-on? J’ai la désagréable impression que Lutopium considère le décrochage scolaire comme un grave problème…

Le premier problème que nous vivons aujourd’hui est d’ordre social. La structure familiale traditionnelle n’existe presque plus.

Et à ce que je sache, l’éducation des enfants s’est améliorée depuis! Les enfants obéissent moins aveuglément aux ordres et acquièrent plus de connaissances (quoiqu’avec la réforme anti-connaissances en cours au Culbec, je commence à douter!) présentement! Tant mieux si la famille nucléaire catho-fasciste, patriarcale et hiérarchique semble disparaître progressivement!

Un grand nombre d’enfants (près de la moitié dit-on) se retrouvent dans une structure éclatée dans laquelle les parents semblent beaucoup plus préoccupés par leur succès et leur enrichissement personnels que l’éducation (de base) de leurs enfants. Certains (plusieurs) adoptent une approche consumériste envers l’école. Ils sont donc prêts à payer pour obtenir (l’illusion) une formation scolaire supérieure.

Et si les parents intervenaient trop dans l’instruction des enfants? Oui, j’abhorre l’approche parentale consumériste, mais que les CONtribuables sans enfants se fassent voler de l’argent pour imposer un quasi-monopole étatique inefficace dans le marché de l’instruction est encore pire! Malgré tout, j’aime mieux que des imbéciles de parents obéissent à une approche consumériste stupide que d’obliger les enfants à aller à l’école en utilisant la violence étatique! De plus, l’approche consumériste est aggravée par la mentalité capitaliste, système étatiste que je combats avec véhémence!

Privilège de la classe moyenne et des plus nantis.

Privilège des plus nantis, point barre. Quoique plusieurs riches prétendent faire partie de la « classe moyenne » par hypocrisie!

De plus, l’horaire de l’école privée est beaucoup mieux adaptée à celui des travailleurs, ce qui fait l’affaire des parents qui s’investissent dans leur boulot.

Préférez-vous que les enfants rentrent chez eux la clé dans le cou?

L’approche autonomiste pourrait être “dangereuse” pour certains enfants.

L’approche étatiste est dangereuse pour les enfants.

Car, n’oubliez pas, ce ne sont pas les enfants qui choississent leur établissement scolaire. Ce sont les parents qui décident (public, privé, internationale, sport-études…).

Il soulève un point intéressant. Cependant, les anarchistes sont contre le concept de « famille » tel que l’on connaît présentement. De plus, les anarchistes sont contre les hiérarchies de pouvoir. Comme le dis si bien François Tremblay: « En ce qui a trait aux écoles dites “privées,” nous ne sommes ni pour les “écoles privées,” ni pour les “écoles publiques.” En fait, les écoles, on en a rien à foutre. Les hiérarchies enseignant-élève, on en a rien à foutre. Le brainwashing des enfants élevés sur le curriculum étatiste, on est complètement contre (je suppose que ça veux dire qu’on en a quelque chose à foutre, bien que ce soit une sorte de foutisme négatif). »

Regardez attentivement les revendications de L’Association chrétienne des parents-éducateurs du Québec… C’est de l’endoctrinement pur et simple. Approche dogmatique, lavage de cerveaux, créationnisme, etc…

Ça n’a rien à voir avec ce que j’ai dit! Ces connards de parents demandent à l’État de soutenir leur camelote religieuse de merde, par le biais du système d’instruction étatique. Je n’ai jamais dit que j’étais en faveur d’un tel truc!

Vous voulez vraiment laisser le soin aux parents d’éduquer eux-mêmes les enfants? Personnellement, je n’y crois pas. L’éducation des enfants n’appartient pas exclusivement aux parents.

D’accord, mais je veux à tout le moins que les parents puissent ne pas envoyer leurs enfants à l’école si ceux-ci le désirent, ce qui n’est pas le cas présentement, avec la crisse d’école obligatoire! L’éducation des enfants n’appartient pas exclusivement à l’État, contrairement à ce qu’en pensent certaines personnes! Voulez-vous vraiment laisser le soin à l’État d’éduquer entièrement les enfants?

Finalement, il y a Julien Royal qui commente:

J’ai l’impression que ta privatisation de l’éducation est quelque peu idéaliste.

Peut-être, mais je suppose que d’appuyer Québec Solidaire n’est pas idéaliste?

Quid de l’accès pour tous?

De toute façon, les pro-capitalistes comme Jean De La Charogne, Mario Ducon et François L’Égo et Joseph Fécal (en d’autres termes, la totalité de la classe politico-corporative du Culbec, sauf Khadir!) souhaitent éliminer l’accès pour tous, en augmentant les tarifs dans les institutions scolaires, afin que les crisses de pauvres intelligents, qui sont une menace pour le capitalisme, ne puissent pas étudier (et que les cons pauvres s’enrôlent dans les Farces Armées Canadian!) et que les cons riches puissent s’instruire à leur place! Dois-je vous rappeler la catastrophe qui est en train de se produire dans les universités culbécoises depuis qu’on a décidé d’engraisser des bourreaucrates étatiques et d’augmenter les dépenses militaires grâce à l’augmentation des frais de scolarité? La même crisse de niaiserie s’en vient dans les autres ordres d’enseignement, préparez-vous! Pendant ce temps, aux États-Unis, les universités (dont leur marché académique est plus libre qu’ici!) y sont devenues plus accessibles financièrement qu’ici, incluant Harvard! Alors, il est tout à fait possible de rendre l’instruction plus accessible dans une anarchie!

On voit amplement les magouilles de “bonne image” que se font les établissement d’enseignement secondaire.

Bien sûr mais en quoi ces magouilles seraient pires sans école étatique?

Les plus grandes écoles privés étatiquement subventionnées ont souvent leur propres fondations privées pour accumuler des fonds. Vu la fin des subventions étatiques et une baisse des taxes et impôts en conséquences, les bourgeoises écoles privées n’auront qu’à lever des fonds supplémentaires par coup de campagnes de publicités auprès des parents.

Malgré tout, ce serait moins pire ainsi que de forcer les enfants à aller à l’école par le biais de la violence étatique et de financer des écoles soi-disant privées avec de l’argent volé aux CONtribuables!

Pour avoir eu droit au secondaire privé, je peux vous dire que les institutions qui se retrouvent en haut du palmarès des écoles pourraient très bien continuer de renforcer les barrières qui existent entre les enfants issus de familles mieux nanties et les autres, subventions étatiques ou non.

Justement, ils le font déjà avec les subventions étatiques. Alors pourquoi continuer de les soutenir? Mais avec Internet et les réseaux d’étude à la maison, il sera difficile d’accroître de telles barrières!

La solution n’est pas là selon moi. Le système public est fait pour rester, mais dois acquérir une plus grande indépendance face aux programmes bureaucratique du MELS et donner plus de latitude aux professeurs dans leur manière d’enseigner aux élèves. Cesser de demander un bac de 4 ans en Enseignement de “insérer un nom de matière ici” serait aussi une bonne idée, peut-être qu’on viendrais à bout de la pénurie de professeurs de cette manière et qu’on aurait des gens réellement intéressés par le sujet qu’ils enseigne.

On ne s’entendra pas sur la pertinence de l’école publique, mais ces solutions constituent un pas dans la bonne direction. Mais ce serait encore plus possible en abolissant l’école telle qu’on la connaît!

Finalement, la critique des syndicats que tu amènes à longtemps été soulevée et est malheureusement bien réelle. Le problème est de savoir comment changer la tendance bureaucratique favoritiste dans le mouvement syndical.

Je le félicite de reconnaître la pertinence de mes propos concernant les syndicaleux. Ce qu’il faut faire, c’est d’éliminer toute réglementation étatique concernant les syndicaleux et de reconnaître le droit à l’association (assez bien reconnue présentement) ET le droit à la non-association chez les travailleurs, droit qui n’est pas reconnu présentement, en raison de la crisse de Formule Rand étatique! Notons tout de même que des formules Rand non étatiques pourraient être négociées dans des conventions collectives syndicales entre les travailleurs et les entrepreneurs, ce que j’appuie!

Mais au fond, tout ce je dis dans ce blogue ne vaut pas de la marde, parce que j’ai toujours étudié à l’école publique qui est BIEN SÛR nettement inférieure à l’école soi-disant privée! 😉

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9 Réponses

  1. Je pense qu’il est particulièrement important de distinguer entre les trois termes de: privé, public, libre (ou mutuel). Car en fait le privé et le public sont tous deux basés sur l’existence d’une classe de propriétaires (soit des entrepreneurs, ou des politiciens) qui deviennent nécessairement les chefs d’une hiérarchie où nous sommes tous leurs inférieurs.

    Dans une société libre, tous les commerces, toutes les institutions, toutes les règles, sont établies par le peuple pour le peuple, pour l’expression de leurs valeurs, sans hiérarchie, sans profits.

    1. Je suis d’accord et je prend note de cette distinction.

  2. sylvainguillemette

    «Car en fait le privé et le public sont tous deux basés sur l’existence d’une classe de propriétaires (soit des entrepreneurs, ou des politiciens) qui deviennent nécessairement les chefs d’une hiérarchie où nous sommes tous leurs inférieurs.»

    Sauf dans un monde communiste, où il n’y a plus d’État, et où donc, tout appartient au peuple, au public. Ce sont les capitalistes qui ont travesti le public en fonction de l’État, mais celui-ci, l’État, n’a pas besoin d’être, nous en conviendrons.

    1. Je parle bien des termes privé et public tels qu’ils sont utilisés aujourd’hui, et non dans l’optique Anarchiste.

  3. sylvainguillemette

    Mais une société libre, comme vous l’entendez, permettrait donc à un individu d’abattre un autre individu, par ce qu’il en a envie, non? À quoi bon les règles, c’est ça? Mais….., quand pourrait survenir une société sans malade mental par exemple? Vous préférez l’ignorance à l’apprentissage, ou vous prônez l’école à la maison, à la façon des parents? Ce n’est pas clair monsieur Tremblay, monsieur Gendron. Je ne vous suis pas.

    1. « Mais une société libre, comme vous l’entendez, permettrait donc à un individu d’abattre un autre individu, par ce qu’il en a envie, non? »

      Vous confondez anarchie et anomie. Une erreur courante parmi les ignorants.

      Laissez-moi donc vous informer de la différence.

      an-archie: sans-maîtres
      a-nomie: sans-règles

      Voyez vous donc la différence? Les règles, elles doivent être déterminées par nous, qui sont régis par ces règles, et non par l’élite du pouvoir qui fabrique les règles de façon artificielle pour poursuivre leurs propres intérêts.

      « Vous préférez l’ignorance à l’apprentissage, ou vous prônez l’école à la maison, à la façon des parents? »

      Notre position sur l’éducation, c’est que tout système scolaire (donc non-éducatif) doit être éliminé, et que la hiérarchie entre enseignant et élève doit être décomposée, voilà tout.

      « L’école à la maison », tant qu’elle suit le curriculum de l’État, ne vaut rien… mais l’école à la maison, si elle est libre, je n’ai aucune objection.

      « Ce n’est pas clair monsieur Tremblay, monsieur Gendron. Je ne vous suis pas. »

      Dans quel sens?

      1. Je pense qu’il comprendra ta réponse.

  4. Je vais y revenir demain!

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