Anarchie et COBP: réponse à Anne Archet

Mes deux derniers billets ont engendré ce fort intéressant excès accès de rage chez Anne Archet. Ça m’excite quand je fais fâcher une anarchiste! 😉 Plus sérieusement, j’aime beaucoup quand elle fait réfléchir ses lecteurs comme ça! 🙂

Voici des extraits de son dernier billet (ce genre de chronique est trop bien écrite pour être publiée dans un journal de masse) suivi de mes commentaires.

Richard Martineau caricature les anarchistes pour mieux les discréditer. Pourquoi ferait-il le contraire? C’est son rôle social et il est payé pour le faire. Soit, Martineau est un twit, voilà un fait indiscutable. Mais il n’est pas le seul à avoir cette opinion : tous les commentateurs des médias disent la même chose, de Jean-Luc Mongrain à l’autre imbécile avec un nœud papillon dont le nom m’échappe. «La manifestation est louable, mais ce sont les casseurs qui sapent sa légitimité, ragnagna scrogneugneu. »

Bien dit! Pendant qu’on traite de « crottés » ces manifestants (par exemple, Martin « le pédant » Pouliot à LCN cette semaine), on fait l’apologie de la brutalité policière et des invasions criminelles militaro-terroristes! Et vogue la galère, tra-la-lère! Et surtout, on supporte les troupes au lieu de les ostraciser comme on le fait si bien avec les bs non corporatistes! Il y a eu deux unes consacrés à l’apologie du militaro-terrorisme dans le Journal de Culbec la fin de semaine dernière! Et après ça, ce sont les manifestants qui sont considérés comme des criminels!

Comme de raison, les média ont tort, car en réalité c’est exactement le contraire: c’est la manif qui est à condamner et les casseurs qui doivent être encouragés.

En fait, une telle manif ET les casseurs doivent être condamnés. C’est l’action directe non-violente qui est à encourager. La « révolution anarchiste violente » n’existe pas! Ici, je vais m’inspirer fortement de ces propos de (Ouille! Anne Archet ne m’aimera pas ici!) François Tremblay.

Un problème spécifique avec l’utilisation de la violence pour atteindre des buts anti-étatistes, est qu’une telle violence fait en sorte que ses zélateurs deviennent en fait…des étatistes! En effet, on peut définir l’État comme « un monopole coercitif de violence légitime« . Évidemment, n’importe qui peut agresser quelqu’un d’autre dans un système étatiste, mais son agression ne sera pas considérée comme légitime, alors qu’une telle agression perpétrée par l’État (par exemple la brutalité policière, justement!) sera considérée comme légitime! L’État, intrinsèquement, cherche à rendre illégitime les crimes commis par d’autres groupes ou individus, tout en légitimant ses propres crimes.

L’activiste violent considère évidemment sa propre utilisation de la violence comme légitime, car sinon, il n’utiliserait pas cette violence. Il considère aussi la violence de l’État comme étant illégitime, car sinon il ne combattrait pas cette violence. Donc, en utilisant la violence, les activistes et les groupes associés se considèrent nécessairement comme un monopole de violence légitime. Ce monopole assumé n’est rien d’autre qu’un nouvel État au même titre que l’État actuel! Par conséquent, un dérapage inévitable se produit dans toutes les révolutions violentes: les soi-disants « révolutionnaires » deviennent souvent encore plus cruels et oppresseurs que ceux qu’ils ont combattu. 😦

Les manifs sont par essence inutiles, surtout lorsqu’elles sont pacifiques, planifiées, connues longtemps à l’avance, sages et encadrées par un service d’ordre (qui ne sont rien d’autre que des flics — contestataires mais flics quand même, cela dit en passant.

C’est vrai la quasi-totalité du temps. Mais attention, avec un fort support populaire, une manifestation pacifique peut être très efficace. Un très bon exemple est la manifestation pro-CHOI Radio X qui a réuni 50 000 personnes à Québec en 2004. Mais un tel truc est rarissime, j’en conviens.

J’ai déjà eu maille à partir avec le service d’ordre de la CSN et laissez-moi vous dire que je choisirais les flics du SPM n’importe quand.

Il est normal qu’une organisation criminelle comme la Congrégation des Syndicaleux Non-progressistes ait ses fiers-à-bras. Une manifestation anarchiste n’a pas besoin de tels fiers-à-bras.

Les manifs sont assimilables à des pétitions sans papier à signer, des pétitions où les participants n’ont pas à s’identifier (et encore, la police est bien contente de compléter ses dossiers lors de tels événements).

Pour cette dernière raison, je n’ai aucun problème à ce que les manifestants se masquent le visage. N’oublions pas que la police a intérêt à ce que la casse se produise, comme on a pu le constater à Montebello.

Manifester, c’est pétitionner le pouvoir et c’est entrer en dialogue avec lui. Et lorsqu’on dialogue avec un pouvoir (comme lorsqu’on dialogue avec un individu), on en reconnaît la légitimité. Voilà pourquoi manifester « calmement et avec ordre » est un droit démocratique: tout simplement parce que manifester ne change absolument rien — même si on peut obtenir des ajustements cosmétiques, si on a beaucoup de chance.

Je suis d’accord! Voilà pourquoi je n’ai presque jamais manifesté (et je regrette la seule fois où je l’ai fait) et que je ne manifesterai probablement plus.

La casse, par contre, est créative. Elle exprime de façon flagrante qu’il y a un problème qui déborde les voies normales et acceptées des conflits sociaux. Elle montre qu’il y a encore une part de révolte irréductible dans notre société aseptisée.

Il est vrai que la casse est créative, mais elle n’est pas efficace pour les anarchistes et en fait, elle n’est pas anarchiste du tout, parce qu’elle est violente. Plus efficace est l’action directe ou le désengagement pacifique (ou la fuite, comme Anne Archet elle-même le dit si bien)

Et elle a l’immense mérite de foutre la trouille aux politiciens (ceux au pouvoir comme ceux de l’opposition) et aux propriétaires.

Avec un si faible appui populaire, les politiciens sont morts de rire et souhaitent ce genre de casse insignifiante le plus souvent possible. Il n’y a rien d’anarchiste à commettre des agressions en cassant des vitres et en vandalisant des voitures d’innocentes victimes qui n’ont rien à voir avec la manifestation. À la limite, que les casseurs se battent avec les policiers (ou qu’on fasse de la casse dans des postes de police) puisque ce sont eux qu’il faut combattre! Même si ce n’est pas une bonne idée, ça serait beaucoup moins pire!

Elle est le symptôme d’un désir de rupture avec l’ordre.

Oui, mais il y a d’autres manières plus efficaces de concrétiser ce désir.

Et elle est souvent le point de départ d’un mouvement insurrectionnel

Aucun mouvement insurrectionnel ne va démarrer avec cette manif. Ceci dit, il est vrai que la casse peut engendrer des mouvements insurrectionnels, mais la violence doit cesser pour que ce mouvement insurrectionnel soit anarchique.

sans casseurs, est-ce que la manif des femmes, le 8 mars 1917, aurait renversé le tsarisme? Le service d’ordre a vraiment chié, ce jour-là.

Légitime défense contre un ennemi trop oppresseur avec un fort appui populaire, ce qui n’a donné aucune chance aux autorités. De plus, cette casse fut suivie d’une révolution pacifique très efficace. Dans ce contexte précis, je n’ai aucun problème avec la casse. Le contexte de la manif du COBP n’est pas du tout la même chose.

Les fémi-favoritistes culbécois (dont la majorité sont des hommes féminisés), qui prônent la violence étatique pour imposer la supériorité féminine, auraient intérêt à en savoir plus sur ce mouvement féministe. Ils comprendraient que le vrai féminisme prône l’égalité des sexes contrairement à leur idéologie étatiste de pacotille.

Et en mai 68, est-ce qu’on aurait dû s’en tenir sagement à réclamer démocratiquement la libération des militants étudiants emprisonnés? Encore une fois, les organisateurs de la manif ont été drôlement débordés.

Encore une fois, il s’agissait d’une légitime défense contre une agression de l’État envers les étudiants. Je n’ai aucun problème avec la légitime défense, incluant toute résistance à une arrestation policière (avec crime commis ou pas). Ça n’a rien à voir avec du vandalisme sur des innocentes victimes qui n’ont rien à voir avec la manif.

S’autoréguler ne veut pas dire s’autopolicer. Dire qu’un anarchiste peut « arrêter les casseurs » dans une manif démontre, en plus qu’on n’a jamais été dans une manif, qu’on souhaite que les anars assument le rôle de police. Ce qui revient à dire que les anars se font déléguer une responsabilité de contrôle social de la part des autorités en place. Comme le représentant syndical qui doit calmer ses membres lorsque le syndicat n’est pas en période de négo, comme le chef de parti de gauche qui doit canaliser l’insatisfaction dans des voies respectables et démocratiques. Bref: c’est vouloir faire de l’anarchiste un rouage de l’ordre établi, un rouage de l’exploitation. Beurk.

Je suis d’accord mais si des organisateurs anarchistes savent fort bien que la casse va survenir, ils devraient annuler la manifestation ou laisser les gau-gauchistes étatistes et les casseurs se démerder avec leurs troubles.

Les médias donnent une mauvaise image de l’anarchie? Big fucking deal: ils l’ont TOUJOURS fait. Ça n’a jamais empêché les anars d’exister, la révolte de se développer et le désir de vivre autrement de se répandre. Il ne faut pas penser que la violence des manifs est le seul prétexte que les médias utilisent pour marginaliser les anars; s’il n’y en avait pas, ils trouveraient autre chose. Il ne faut pas manifester dans l’idée de faire passer un message qui sera relayé par des médias objectifs auprès de la population, parce que les « médias objectifs » sont une fiction démocratique qui masque la fonction de contrôle social inhérente à cette institution.

Ça me fait penser à Normand Sphincter qui avait déjà invoqué l’infiltration des anarchistes dans la casse lors des séries des Montreal Habs l’an dernier (nettement pire comme casse que celle de la manif du COBP, contrairement à ce que les médias prétendent). Encore plus ridicule que Tartineau ici!

Néanmoins, au lieu d’uniquement blâmer les médias, comment expliquer alors que le libertarianisme ait une meilleure réputation aux yeux du public? Se pourrait-il que les libertariens sont plutôt associés au pacifisme et au rationalisme (malgré leur anti-mathématisme primaire) alors que les anarchistes sont plutôt associés à l’irrationalisme et à la violence? Quelles leçons les anarchistes devraient-ils en tirer?

Les médias et les flics sont les deux faces d’une même médaille et si ça se trouve, nous souffrons bien plus souvent de la brutalité médiatique que de la brutalité policière.

Justement, ne devrait-on pas se concentrer plutôt sur la brutalité médiatique?

D’ailleurs, voilà la principale faute de la manif du COBP (comme celle de presque toutes les manifs): sa recherche de publicité et de présence médiatique. On avertit à l’avance qu’on va manifester, le build-up médiatique prend des proportions démeusurées, les beus sont sur les dents et se préparent à foncer dans le tas, les casseurs choisissent leurs briques et leur bat de baseball… tout le monde apprend son rôle et le joue à merveille. Ce n’est pas le festival de l’anarchie, c’est une mauvaise pièce de théâtre d’été qu’on joue chaque printemps, par anticipation d’un changement social qui ne viendra jamais.

Entièrement d’accord! J’ai moi-même mentionné que cette manif était inefficace.

Ceci étant dit, comment lutte-t-on contre la brutalité policière? Il faudrait d’abord commencer par s’attaquer non pas aux « débordements » policiers, parce que ça implique qu’il serait possible d’avoir une « bonne police » et qu’on pourrait la réformer. Le COBP n’est pas anar par essence, sinon il s’appellerait le COP : le Collectif opposé à la police.

D’accord! Je veux être membre du COP!

Il faudrait aussi quitter la logique de l’opposition, qui est toujours en dernière instance celle de la loyale opposition de Sa Majesté. Cesser de dialoguer avec le pouvoir, cesser de réclamer des réformes et des changements au pouvoir. Il faut plutôt prendre (et reprendre) tout de suite, ici, maintenant, les moyens de notre propre existence. Se réapproprier notre vie à l’extérieur de l’ordre et de sa morale et se donner des moyens pour la défendre — la fuite en étant un qui ne serait pas à négliger.

Raison de plus pour ne pas utiliser la violence. Nous avons d’autres moyens de contester l’ordre établi. Et je compte bien en exposer quelques uns prochainement.

La casse est, qu’on le veuille ou non, un des visages de l’anarchie, celui de la révolte et de l’affrontement avec l’ordre. Le rejeter est rejeter les anars.

Pour les anars, la casse est un acte de violence incompatible avec l’anarchie, sauf s’il s’agit d’une légitime défense contre la violence étatique et que la cause en question bénéficie d’un appui populaire significatif.

Mais il en va de nous de donner à voir un autre visage de l’anarchie, loin des médias, de la police, de l’ordre établi, de ses rituels et de ses symboles : celui d’individus reprenant possession de leur vie, dont l’exemple ne saurait qu’aiguillonner chez tous les désirs d’un autre futur.

Reprendre possession de notre vie veut aussi dire d’éliminer la violence de notre vie, sauf dans les cas de légitime défense. Ce n’est pas avec la violence qu’on va s’éloigner des médias et de l’ordre établi. Il faut démontrer que les anarchistes sont supérieurs aux étatistes sur ce point.

Ni casse, ni manif! Vive la Révolution l’Évolution Tranquille anarchiste!

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45 Réponses

  1. Évolution, pas révolution.

  2. François, j’ai corrigé ma dernière phrase! Ton idée est bonne!

  3. As-tu lu mon article du 15 Mars… j’y explique la raison.

  4. J’ai lu en diagonale mais je vais le relire, c’est sûr!

  5. Ok, tu explicites un peu plus les raisons qui font en sorte que ce type d’activisme n’est pas une bonne chose.

    Je suggère aux lecteurs d’aller le lire:

    http://francoistremblay.wordpress.com/2009/03/15/the-five-dynamics/

  6. S’attaquer à la propriété — surtout la propriété industrielle et commerciale — voilà ce que j’appelle de la légitime défense.

    Pourquoi les libertariens ont meilleure réputation dans les médias que les anars? Parce que leur position est, à quelques nuances près, celle de la grande entreprise. Pas de quoi faire frissonner une cravate ou un téléspectateur.

    On ne s’en sort pas, la violence fait partie de la lutte. Jamais je ne dénoncerais du haut de mes principes moraux des individus qui, dégoûtés de l’existence que leur impose notre société, s’en prennent aux objets qui les oppriment. Prendre possession du monde, ça ne peut pas se faire seulement en se donnant des bisous sur la foufoune. Il s’agit toutefois d’en user intelligemment: premièrement en s’arrangeant pour la subir le moins possible (ce qui est l’inverse de la démarche des pacifistes, cela dit en passant), en la dirigeant vers la propriété (et non sur les individus) et en faisant en sorte que l’exercice de la violence sabote au maximum l’économie et le fonctionnement de la technostructure industrielle.

    Je suis d’accord, la lutte ne peut se résumer à la casse et aux actes violents. Et je suis aussi d’accord en ce qui concerne la révolution, miroir aux alouettes, qu’il ne faut pas attendre. Mais penser que l’on peut faire basculer le monde dans la parousie anarchiste en semant la bonne parole et en convainquant une majorité démocratique de la justesse de nos idées, c’est non seulement se bercer d’illusions mais perdre prodigieusement son temps. Je veux vivre libre tout de suite et je n’ai pas le temps d’attendre que monsieur Gendron de la rue Panet se décide de le faire aussi.

    C’est bien triste à dire, mais nous n’avons ni les moyens de vaincre l’ordre établi par les armes (parce que nous ne faisons pas le poids) ni par la conviction (parce que l’hégémonie culturelle du capitalisme est trop forte). Briser des vitrines et écrire dans un blogue, c’est de la petite contre-violence et de la petite contre-information. C’est presque rien, mais c’est déjà ça, et ça vaut mieux que manifester ou voter (parce que ça, c’est carrément contre-productif).

    Ce qui est vraiment menaçant pour l’ordre établi, c’est s’en détacher, fuir. Vivre immédiatement comme on le désire, dans un espace et un temps libéré. La stratégie du coin de fer dans la fissure, quoi.

  7. Ce n’est pas en pitchant des briques sur des petits commerces sur St-Denis qu’on va changer les choses. Ça c’est de l’autosatisfaction et c’est inefficace. C’est comme le parent qui donne une claque à son enfant qui est turbulent. C’est plus pour « décharger » sa colère et son impatience que pour faire comprendre à l’enfant d’arrêter. C’est un geste violent et contre-productif.

    Ce que ça prend, c’est un cataclysme, naturel ou non, qui viendra pulvériser le système et qui mettra tout le monde sur le même pied d’égalité. Tout le monde est touché en même temps. Ça se prépare tranquillement avec la crise financière qui est bien pire que ce que les médias de masse nous annoncent. Déjà que l’argent ne vaut rien, il faut seulement que les gens le comprennent…

    À part un événement majeur, je doute que des blogues, des manif ou même le sabotage puissent nous libérer du power that be. Je ne dis pas que ça ne vaut pas la même d’essayer, mais à moins d’une catastrophe, je vois difficilement comment les choses peuvent changer…

  8. Je pense que vous vous adressez aux mauvaises personnes en dénonçant la casse. Je pense bien que la plupart des anarchistes n’ont commis que peu de dommages. S’ils en ont fait, c’était certainement très sélectif. Les manifestant-e-s les plus violent-e-s étaient sans doute les jeunes de la rue et d’autres laissés-pour-compte parmi lesquels j’ai reconnu des itinérants dans la CINQUANTAINE. Ces gens ne lisent pas nos blogues et ne sont sans doute pas anarchistes. Ils sont sans aucun doute surtout écoeurés par la violence de l’État mais aussi par celle de diverses communautés à leur égard, une violence quotidienne et acharnée. Une violence qui leur ôte leurs piqueries parce qu’on veut un quartier « tranquille » qui ressemble à Laval, une violence qui les chasse de leurs squats, de leurs parcs, qui tue leurs chiens. Au lieu de les sermonner, donnez-leur à bouffer! Ventre affamé n’a pas d’oreilles de toute façon.

    J’ai lu partout que les « anarchistes » qui avaient fait exprès pour se faire arrêter voulaient « jouer aux héros ». Mon cul! Les gens qui ont expressément provoqué la police dans le but de se faire arrêter, surtout au début de la manif, l’ont fait parce qu’ils étaient en colère et qu’ils n’avaient rien à perdre. On joue aux héros en s’enchaînant contre une clôture, en restant dans un nuage de lacrymo, en cherchant un coup de matraque. Pas en se battant contre un flic pour se ramasser avec un dossier criminel et plus le droit de devenir fonctionnaire (principal débouché pour les anars) ou de profiter du Spring Break aux USA.

  9. @ AA

    « Il s’agit toutefois d’en user intelligemment: premièrement en s’arrangeant pour la subir le moins possible (ce qui est l’inverse de la démarche des pacifistes, cela dit en passant), en la dirigeant vers la propriété (et non sur les individus) et en faisant en sorte que l’exercice de la violence sabote au maximum l’économie et le fonctionnement de la technostructure industrielle. »

    Quelle contradiction! Comme si saboter les moyens de production allait nuire aux cravates avant de nuire aux anars. C’est plutôt le moyen privilégié de vous assurer de subir un maximum de violence.

    Si le pauvre artisan propriétaire d’une boutique sur St-Denis n’est pas assez légitime pour vous, ayez au moins un peu de respect pour le travail du vitrier, avant de tout casser.

    Je vais finir par croire que vous êtes une étatiste conformiste et sainte-ni-touche qui s’auto-flagelle sur le Net. (Désolé pour la gratuité.)

    1. Partiellement d’accord.

      Ok, un peu beaucoup gratuit à la fin, mais je vais passer outre.

      En effet, casser les choses ne va pas nuire aux grands propriétaires. Ce sont les marchands, les artisans, les caissiers, qui en écopent, qui ont peur, qui ont la sale job de tout enlever le stock des vitrines et de le remettre le lendemain… Le proprio « verreux » contre lequel il serait juste de s’insurger, lui, s’en lave les mains ; il est probable qu’il ne soit pas sur place le jour-même, et pour le reste il touchera ses assurances. Big deal.

      Je tiens cependant à souligner le commentaire de Mouton Marron, un peu au-dessus. C’est vrai que la grande majorité de ceux qui font le trouble sont probablement des gens sans grand rapport avec la manifestation originale, et avaient de la rage à défouler dans l’immédiat.

    2. @Bastiat79

      « Quelle contradiction! Comme si saboter les moyens de production allait nuire aux cravates avant de nuire aux anars. C’est plutôt le moyen privilégié de vous assurer de subir un maximum de violence. »

      C’est aussi ce que je pense!

      « Si le pauvre artisan propriétaire d’une boutique sur St-Denis n’est pas assez légitime pour vous, ayez au moins un peu de respect pour le travail du vitrier, avant de tout casser. »

      Ou au pire, de tolérer son travail, étant donné qu’il n’a rien à voir avec le problème.

      « Je vais finir par croire que vous êtes une étatiste conformiste et sainte-ni-touche qui s’auto-flagelle sur le Net. (Désolé pour la gratuité.) »

      Étant donné son passé dans le Reform Party et son travail pour le Sinistre Bernier (quoique Maxime Bernier a été un des moins pires sinistres de l’Industrie de l’histoire canadian), je vais finir par croire que Martin Masse un drouatiste étatiste s’auto-flagelle sur le Net. (Désolé pour la gratuité.) 😉

  10. @ Anne Archet.

    «S’attaquer à la propriété — surtout la propriété industrielle et commerciale — voilà ce que j’appelle de la légitime défense.»

    La philosophie de la liberté est basée sur le principe du libre-arbitre. Votre vie vous appartient. Ceci implique qu’aucune autre personne n’a plus de droits sur votre vie que vous-mêmes. Aucune autre personne ou groupe de personnes ne possède votre vie, de même que vous ne possédez pas les vies des autres. Vous existez dans le temps : le passé, le présent et le futur. C’est évident dans la vie, dans la liberté et dans le produit de votre vie et de votre liberté. Perdre votre vie, c’est perdre votre futur! Perdre votre liberté, c’est perdre votre présent! Perdre le produit de votre vie et de votre liberté, c’est perdre la portion de votre passé qui les ont produits! L’un des produits de votre vie et de votre liberté est votre propriété. La propriété est le fruit de votre travail, le produit de votre temps, de votre énergie et de vos talents. La propriété est cette partie de la nature que vous mettez à profit. La propriété est la propriété d’autres personnes qui vous est donnée par échange volontaire et par consentement mutuel.

    Deux personnes qui échangent des biens de leur propre volonté en tirent toutes les deux un avantage, sinon elles ne le feraient pas. Il n’y a que ces personnes qui puissent prendre cette décision pour elles-mêmes. Il arrive que certaines personnes utilisent la force ou la tromperie envers les autres sans leur consentement délibéré et volontaire. L’utilisation de la force ou de la tromperie pour ôter la vie est du meurtre, pour supprimer la liberté, de l’esclavage, et pour prendre la propriété, du vol. Ça revient au même si ces actions sont commises par une personne agissant seule, par beaucoup agissant contre quelques-uns, ou même par des fonctionnaires aux beaux chapeaux et titres. Vous avez le droit de protéger votre propre vie, votre liberté et la propriété que vous avez honnêtement acquise contre l’agression violente des autres et vous pouvez demander aux autres de vous aider à vous défendre. Mais, vous n’avez pas le droit d’utiliser la force contre la vie, la liberté ou la propriété des autres. Vous n’avez donc pas le droit de désigner une personne pour employer la force contre d’autres pour votre compte.

    Vous avez le droit de rechercher des chefs pour vous-mêmes, mais vous n’avez pas le droit d’imposer des souverains aux autres. Quelle que soit la manière dont les fonctionnaires sont choisis, ce ne sont que des êtres humains et ils n’ont, ni droits, ni réclamations d’un ordre plus élevé que ceux de n’importe quel autre être humain. Quels que soient les prétextes inventifs pour leur conduite ou le nombre de gens qui les encouragent, les fonctionnaires n’ont aucun droit de tuer, d’asservir ou de voler. Vous ne pouvez pas leur donner des droits que vous n’avez pas vous-même. Puisque votre vie vous appartient, vous en êtes responsable. Vous ne louez pas votre vie à d’autres personnes qui demandent votre obéissance. Vous n’êtes pas non plus l’esclave de ceux qui demandent votre sacrifice. Vous choisissez vos propres objectifs en fonction de vos propres valeurs. La réussite et l’échec sont tous les deux des motivations nécessaires pour apprendre et progresser. Vos actions pour le compte d’autres personnes ou leurs actions pour votre compte sont vertueuses seulement si elles découlent d’un consentement mutuel volontaire, car la vertu ne peut exister que lorsqu’il y a libre-choix.

    Tout ceci est la base d’une société réellement libre. C’est non seulement le fondement le plus concret et le plus humanitaire pour l’action humaine, mais aussi le plus éthique. Les problèmes mondiaux qui proviennent de l’utilisation de la force par le gouvernement ont une solution. La solution est que les peuples du monde cessent de demander aux fonctionnaires du gouvernement d’employer la force pour leur compte. Le mal ne vient pas seulement de gens mauvais, mais aussi de bonnes personnes qui tolèrent l’utilisation de la force comme un moyen pour leurs propres fins. C’est de cette façon que de braves gens ont donné le pouvoir à de mauvaises gens dans l’Histoire. Avoir confiance dans une société libre, c’est se concentrer sur le processus de découverte de valeurs dans l’économie de marché, plutôt que de s’imposer au préalable une vision ou un but déterminé! Utiliser la force du gouvernement pour imposer une vision aux autres est de la paresse intellectuelle et conduit souvent à des conséquences non-voulues et perverses! L’instauration d’une société libre demande le courage de penser, de parler et d’agir, surtout quand il est plus facile de ne rien faire.

    1. J’aime bien cette philosophie.

      Je profite de cette opportunité de parler à quelqu’un qui semble penser dans le même sens que moi… Tu dis que la solution aux problèmes qui viennent de l’utilisation de la force par les gouvernements serait que tous refusent que le gouvernement emploie la force pour leur compte. Je suis d’accord avec la théorie de la chose (vous allez voir que j’utilise beaucoup le mot « théorie » ici), mais le côté pratique me semble bien utopique. Peut-être pourras-tu éclairer ma lanterne.

      La police, en théorie, est une force au service du peuple pour défendre ceux qui, manifestement, n’ont ni le temps ni l’envie d’apprendre à se défendre eux-mêmes contre des agresseurs qui viendraient les violenter dans un domaine où ils sont faibles. Ainsi, il y a des gros-bras pour les gens frêles physiquement, des médiateurs qui peuvent rediriger des gens qui sont dans une situation émotionnellement ou psychologiquement instable vers des ressources plus compétentes, et ainsi de suite ; la police serait une sorte de grand frère qui empêcherait n’importe qui de se faire sa petite soeur ou de l’ennuyer incessament. Bon, je sais que je vulgarise et que c’est loin d’être aussi simple en réalité, car de toute évidence le grand frère est un peu incestueux par moments… Mais j’étais jusque-là dans la théorie et dans le « ça devrait ».

      Plus concrètement maintenant, en imaginant qu’il n’y ait pas de police, comment se défendrait-on contre de réels agresseurs ? Est-ce que chacun serait laissé à soi ? Si je me fais voler, je réclâme mes assurances et on n’en parle plus ? Si je me fais battre, j’ai le choix entre endurer ou organiser ma propre vengeance à ma manière ? Toutes ces idées me paraissent, à tout point de vue, bien peu pratiques et indignes de la O-so-great raison humaine. Un ami m’avait proposé que tout ne soit que loi de la jungle ; les meurtriers et compagnie, on les laisse courir, on ne peut rien y faire. Je désapprouve totalement. Un autre ami avait suggéré un monde sans arme, où les agressions seraient moins violentes et plus rares ; soit. Mais pour ZE agression, qu’est-ce qu’on fait pour la victime ?

      Une autre solution serait peut-être de former une police par et pour le peuple, sans rapport au gouvernement. Seulement, je trouve que ça ne fait qu’inverser les rôles, et finalement revenir au même. Des idées là-dessus ?

      La police actuelle a sa part de défauts, plus que sa part même, mais ce n’est pas la théorie qui est à blâmer, c’est la pratique. Et dans cette optique, je crois que tout système se vaut en théorie. J’ai amené en début de commentaire la théorie de la police actuelle pour contraster avec la théorie proposée de s’y opposer ; les deux ont un idéal très noble qui est de défendre le « petit peuple », la veuve et l’orphelin, mais probablement que les deux feraient aussi dûr dans la vraie vie. Peut-être qu’une utopie vers laquelle on tend est le mieux que l’on puisse espérer, mais je serais curieux d’entendre sur le sujet d’autres gens que les 2-3 amis que j’interroge d’habitude.

      1. J’ai un gros problème théorique et pratique avec un État qui monopolise le droit à la violence en volant de l’argent!

        De plus, il est fort possible d’organiser des services d’ordre dans une anarchie.

        http://www.lewrockwell.com/molyneux/molyneux19.html

      2. « Si je me fais voler, je réclâme mes assurances et on n’en parle plus ? »

        Exactememt. Ton assureur peut embaucher un gardien de sécurité si c’est rentable pour lui.

        1. En effet!

          Déjà mieux qu’un système d’injustice favorisant les riches qui focalise sur la répression. Au moins, les victimes pourraient être compensés!

    2. Le droit le droit le droit….pis après.

      Oui, on a tous le droit, des droits, des milliers de pages de droits mais, avons-nous le pouvoir ?

      Le droit, les milliers de droits ne donnent pas nécessairement le pouvoir.

      À quoi sert d’avoir des droits sans pouvoir ? Pour être libre il faut pouvoir. Beaucoup en rêve, peu en ont.

      1. Bon point!

        Et si on éliminait les hiérarchies pour s’approprier notre propre pouvoir individuel?

        1. C’est bien là un point essentiel de ma question.
          En partant du principe que tout le monde a son pouvoir individuel :

          a) qui s’assurerait que chacun garde son pouvoir ? Chacun règle la question lui-même, à sa manière, la loi de la jungle ?

          b) si quelqu’un a la bonne idée de prendre le pouvoir du voisin, qui, « selon lui », lui revient de droit, parce qu’il clâme avoir été victime d’une blatante injustice, qui décidera s’il a ou non raison, et qui l’empêchera de tuer son voisin et de prendre sa femme par les cheveux ?

          c) se doter tous de pouvoirs individuels, est-ce que ce n’est pas justement tourner en rond et permettre à quelques individus, plus mâlins que les autres, de trouver le moyen d’amasser plus de pouvoir que leur voisin et de l’utiliser, parce qu’ils le peuvent ? Si non, qui empêcherait que cette situation se produise ? La nature humaine étant ce qu’elle est, je serais probablement heureux de vivre dans un monde qui n’est pas encombré de hiérarchie, mais comment nous assurer, tous, que nous y serons en sécurité et que ça ne reviendra pas exactement comme avant, et même pire ?

          Là certains me répondront peut-être, parce que c’est le thème : « Et tu te sens plus en sécurité avec ces histoires de brutalité policière ? » Oui, absolument. Au risque de me faire haîr, je cite Martinaud ou à peu près : « Quand j’appelle le 9-1-1, je m’attends encore à recevoir de l’aide, pas de la merde. »

          1. « qui s’assurerait que chacun garde son pouvoir ? Chacun règle la question lui-même, à sa manière, la loi de la jungle ? »

            Je parle du pouvoir individuel sur SA PROPRE vie, pas sur celle des autres.

            « si quelqu’un a la bonne idée de prendre le pouvoir du voisin, qui, “selon lui”, lui revient de droit, parce qu’il clâme avoir été victime d’une blatante injustice, qui décidera s’il a ou non raison, et qui l’empêchera de tuer son voisin et de prendre sa femme par les cheveux ? »

            Personne ne l’empêche présentement non plus! De plus, la légitime défense est permise dans une anarchie, alors que présentement, ça dépend…

            De plus, des systèmes d’arbitrage non-étatiques vont exister dans une anarchie.

            « se doter tous de pouvoirs individuels, est-ce que ce n’est pas justement tourner en rond et permettre à quelques individus, plus mâlins que les autres, de trouver le moyen d’amasser plus de pouvoir que leur voisin et de l’utiliser, parce qu’ils le peuvent ? Si non, qui empêcherait que cette situation se produise ? La nature humaine étant ce qu’elle est, je serais probablement heureux de vivre dans un monde qui n’est pas encombré de hiérarchie, mais comment nous assurer, tous, que nous y serons en sécurité et que ça ne reviendra pas exactement comme avant, et même pire ? »

            La bataille pour l’anarchie est perpétuelle.

        2. Dans el fond, je répondrais par une question (bien que rien n’empêche quiconque de répondre à mes derniers commentaires hein 😛 ) : vous, vous tous, blogueurs, visiteurs et anarchistes autoproclâmés avec raison ou non, que faites-vous exactement, lorsque vous êtes victimes d’un vol ? Ou que feriez-vous si c’était le cas ?

          Et j’assume que ça n’est arrivé à personne ici, du moins je le souhaite fortement, mais que feriez-vous, franchement, si un de vos proches était assassiné ? Violé ? Porté disparu ?

          J’ajoute une difficulté : je vous défends de répondre que vous feriez appel à la police. Ou toute autre réponse semblable. Aucune implication de l’autorité ici.

          Je suis curieux de voir les réponses que ça donne ! Hihihi !

          1. ….lorsque vous êtes victimes d’un vol ? Ou que feriez-vous si c’était le cas ?….

            Ce fut mon cas. Pis quoi ? La police ? Rien. J’ai jamais retrouvé ce qu’on m’a volé. On m’a jamais rappelé.
            La police règle à peine 10% des dossiers cachée derrière ses fenêtres teintées pour qu’on ne voit pas qu’elle niaise à longueur de journée en attendant la pension et la belle vie dans l’sud.

            ….que feriez-vous, franchement, si un de vos proches était assassiné ? Violé ? Porté disparu ?….

            Je souffrirais, je passerais par différentes phases de rages et de rancoeur, de désirs de vengeance puis je me calmerais car TOUT PASSE, quoi qu’on en pense. La vie continue et voilà tout, la révolte ne fait qu’un temps.

            La police, c’est inventé pour les riches car il n’y a que les riches qui ont besoin de protection. Les pauvres eux n’ont rien à perdre et lorsqu’il perde le peu qu’ils ont il faut qu’ils l’oublient.
            Martineau s’attend d’être aidé et il le serait parce qu’il est devenu quelqu’un même s’il est minable. Mais s’il ne l’était pas, (quelqu’un) la police l’enverrait chier et classerait son dossier comme des milliers d’autres avant lui.

            La police n’a qu’un boss : la police.

          2. @Coeus

            Je répondrai à ces questions dans un futur billet.

            Dans une anarchie, la légitime défense sera permise et les victimes pourront se faire compenser pour les dommages.

            1. Alors j’attendrai le prochain billet pour commenter davantage.

              1. Vous pouvez en rajouter en attendant. Ça pourrait m’inspirer. Chose certaine, si on s’occupait en priorité des vrais crimes plutôt que des non-crimes, la prévention du crime serait plus efficace.

    3. Je n’adhère pas entièrement à ce concept de liberté dite « négative », i.e. le droit de ne pas être agressé sans égard au droit de vivre. Tout de même, ce concept de liberté est nettement mieux que la répression étatiste actuelle.

      Mieux encore est la liberté dite « positive », qui inclut le droit de vivre et qui considère toute atteinte au droit de vivre comme une agression.

  11. internationaliste

    En fait cette manif est organisée par des anarchistes. Le COBP est une organisation anarchiste. La gauche étatiste comme le dit David n’y est pas tellement présente. Il y a bien les maos du PCR et d’autres groupuscules semblables, mais il y en a un paquet d’autres qui préfèrent ne pas y assister.

    L’organisation de cette manif est typiquement anarchiste, pas de service d’ordre, itinéraire secret, etc.

  12. @Internationaliste

    C’est conforme aux informations que j’avais mais je ne voulais pas le croire! 😦

    « L’organisation de cette manif est typiquement anarchiste, pas de service d’ordre, itinéraire secret, etc. »

    Officiellement oui, mais pas dans les faits!

  13. internationaliste

    La gauche étatiste, pour reprendre un de tes expressions favorites, est beaucoup mieux organisée au niveau des manifestations.

  14. @Internationaliste

    En effet, mais je ne considère pas dans les faits qu’il s’agissait d’une manif anarchiste.

  15. internationaliste

    C’est beau se bercer d’illusions!

  16. Anne qui prefere ses SPM au CSN… vu son humeur, on comprend 🙂

    Sinon philosophiquement elle a raison. Par contre je voudrais connaitre son adresse pour tout casser chez elle et lui faire ainsi comprendre clairement que je ne suis pas d’accord avec les casseurs et qu’une manif d’envergure et pacifique peut faire bouger les choses.

    1. Les femmes devraient moins détester leurs SPMs et plus détester la CSN! 😉

      « Par contre je voudrais connaitre son adresse pour tout casser chez elle et lui faire ainsi comprendre clairement que je ne suis pas d’accord avec les casseurs et qu’une manif d’envergure et pacifique peut faire bouger les choses. »

      Je comprends ton point. Ceci dit, on ne peut pas invoquer la légitime défense dans ce cas, alors que plusieurs de ses exemples (pas tous) contituent des cas de légitime défense.

  17. Personne n’a manifesté et le système financier s’est écroulé quand même.

    Personne ne manifeste encore mais la bulle médicale/bourse/Big Pharma va péter aussi.

    Manifester oui mais faudrait choisir de vraies raisons comme par exemple : Pour créer enfin la démocratie, passer de la théorie à la pratique.

    1. Très bon commentaire Clusiau!

      « Pour créer enfin la démocratie, passer de la théorie à la pratique. »

      Plutôt abolir la médiocrassie!

  18. @Anne Archet

    « S’attaquer à la propriété — surtout la propriété industrielle et commerciale — voilà ce que j’appelle de la légitime défense. »

    Ce n’était pas le but de cette manif. De plus, il serait préférable d’occuper pacifiquement des propriétés, avec beaucoup de monde.

    Ceci dit, il y a des occasions où il s’agit d’une légitime défense, lorsque la vie est menacée.

    « Pourquoi les libertariens ont meilleure réputation dans les médias que les anars? Parce que leur position est, à quelques nuances près, celle de la grande entreprise. Pas de quoi faire frissonner une cravate ou un téléspectateur. »

    Les libertariens vulgaires, oui! Et ce sont les libertariens vulgaires qui occupent le plus les médias dans ce mouvement. Par contre, même les vrais libertariens ont meilleure réputation que les anars. Est-ce en raison de leur défense du droit de propriété? Possible.

    « Il s’agit toutefois d’en user intelligemment: premièrement en s’arrangeant pour la subir le moins possible (ce qui est l’inverse de la démarche des pacifistes, cela dit en passant) »

    Bon point, il s’agit bel et bien de l’inverse de la stratégie des pacifistes. De ce point de vue, je ne suis pas un pacifiste.

    « en la dirigeant vers la propriété (et non sur les individus) »

    Dejà mieux comme ça!

    « et en faisant en sorte que l’exercice de la violence sabote au maximum l’économie et le fonctionnement de la technostructure industrielle. »

    Il y a des manières non-violentes de saboter l’économie. Ceci dit, je n’embarque pas totalement dans la rhétorique anti-techno. L’État capitaliste est un très bon répresseur de technologie. Au contraire, l’anarchie va créer un environnement plus favorable aux technologies.

    « Mais penser que l’on peut faire basculer le monde dans la parousie anarchiste en semant la bonne parole et en convainquant une majorité démocratique de la justesse de nos idées, c’est non seulement se bercer d’illusions mais perdre prodigieusement son temps. »

    C’est vrai. Mais j’essaie juste de convaincre quelques individus. Ne serait-ce qu’un…

    D’accord avec le reste.

  19. @Redge

    « À part un événement majeur, je doute que des blogues, des manif ou même le sabotage puissent nous libérer du power that be. Je ne dis pas que ça ne vaut pas la même d’essayer, mais à moins d’une catastrophe, je vois difficilement comment les choses peuvent changer… »

    Tout de même, ça vaut la peine d’essayer.

    D’accord avec le reste.

    @Mouton Marron

    En effet, je ne crois pas que les casseurs étaient des anarchistes.

    « Ils sont sans aucun doute surtout écoeurés par la violence de l’État mais aussi par celle de diverses communautés à leur égard, une violence quotidienne et acharnée. Une violence qui leur ôte leurs piqueries parce qu’on veut un quartier “tranquille” qui ressemble à Laval, une violence qui les chasse de leurs squats, de leurs parcs, qui tue leurs chiens. Au lieu de les sermonner, donnez-leur à bouffer! Ventre affamé n’a pas d’oreilles de toute façon. »

    En effet! Mais ça c’est un autre débat.

    « et plus le droit de devenir fonctionnaire (principal débouché pour les anars »

    Pas pour les anarchistes avoués. Pour les autres, il y a de moins en moins de débouchés possibles. Je sais de quoi je parle…

  20. « Plus concrètement maintenant, en imaginant qu’il n’y ait pas de police, comment se défendrait-on contre de réels agresseurs ? Est-ce que chacun serait laissé à soi ? Si je me fais voler, je réclâme mes assurances et on n’en parle plus ? Si je me fais battre, j’ai le choix entre endurer ou organiser ma propre vengeance à ma manière ? Toutes ces idées me paraissent, à tout point de vue, bien peu pratiques et indignes de la O-so-great raison humaine. Un ami m’avait proposé que tout ne soit que loi de la jungle ; les meurtriers et compagnie, on les laisse courir, on ne peut rien y faire. Je désapprouve totalement. Un autre ami avait suggéré un monde sans arme, où les agressions seraient moins violentes et plus rares ; soit. Mais pour ZE agression, qu’est-ce qu’on fait pour la victime ? »

    Pour répondre à çà, dans cette société on ne fait rien pour les victimes, tout ce que l’on vous volent, ou bien vous devrez le racheter, ou vous en passer, l’état bandit ne vous feras pas cadeau des taxes qu’il perçoit.

    Quand à la police, je ne sais si l’on doit ce réjouir de son existence, on peut toujours ce dire que ce sont des criminels qui ont trouvé une occupation, si ils ne faisaient pas ce job, il y aurait probablement plus de voleurs, mais pas parce que il n’y a pas de police.

    Quand aux assassins qui brisent des vies, notre société ne sait se protéger que de ceux qui menacent ses fondements.

    Les autres font parties intégrantes du système, ils sont d’utilité publique, çà permet de faire vivre la presse, des bons feuilletons pour lobotomiser les masses.

    Sans compter que ces larcins font vivre grassement tout l’appareil judiciaire. la victime dans tout çà on s’en fout, elle n’est que le cochon payeur.

    Fonctionnaire c’est le pouvoir de nuisance par excellence, mais il y en a bien d’autre d’ailleurs.

    On pourrait penser qu’ils sont entrain de scier la branche sur laquelle ils sont assis, mais non, les démocraties qui vont malles accouchent de régimes totalitaires.

    Quand aux anars qui seraient fonctionnaires, c’est comme d’être milliardaire et communiste.

  21. Un anar peut très bien être un mauvais fonctionnaire…

    Emphryo, je suis d’accord avec le reste. Il ne faut pas négliger les non-agressions devenues criminelles avec la violence étatique.

  22. « Un anar peut très bien être un mauvais fonctionnaire »

    Vu comme çà, on pourrait penser que la fonction public est un repaire d’anarchiste.

  23. Oui, mais selon les étatistes, un bon fonctionnaire est un fonctionnaire qui rend service à l’État et sévice aux citoyens. Un mauvais fonctionnaire rend sévice à l’État et rend service aux citoyens.

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