Poésie anarchiste, par Hamil al Amani

Je vous recommande d’aller visiter le blogue de Waaayli, une perle littéraire marocaine dont j’apprécie de plus en plus sa plume. Et en plus, voilà la première percée de ce blogue en dehors de l’Amérique du Nord, puisque je suis dans sa blogoliste! Il faudra que je soigne un peu mieux mon langage pour bien me faire comprendre mais sans jamais renier mon indignation, mon côté sarcastique et le caractère québécois de mon blogue.

Grâce à cette même blogueuse, j’ai reçu la visite de Hamil al Amani, qui m’a envoyé ces deux excellents poèmes anarchistes dont il en est l’auteur. Je le remercie pour sa contribution. Bonne Lecture!

Je ne crois qu’à l’amour (dédié à Renaud, allez voir aussi ce billet et ceci)

Etat, nation, patrie, mais quel foutu gâchis !
Merde à la république et à la monarchie,
Instruments de pouvoir pour une oligarchie.

Leurs crédos et leurs lois, moi j’en fais du hachis,
Sur leurs dogmes crétins, homme libre je chie,
Je n’ai ni Dieu ni maître et vive l’anarchie.

Allo, Radio Liberté?

Tu as besoin de la guerre, Amérique,
Pour user des armes que tu fabriques,
Avions furtifs, fusées stratosphériques (1),
Napalm et autres bombes phosphoriques

Et vendre aux Etats maniant la trique,
Tanks, missiles et jets troposphériques (2),
Pour mater leurs peuples cadavériques,
Si cela fait tourner ta pompe à fric.

Saddam, Ben Laden, potes folkloriques,
Pourchassés de façon catégorique (3),
N’en faisais-tu pas le panégyrique (4),
Avant qu’ils ne te tournent en bourrique ?

Ton président, fou de Dieu, de derricks,
N’a-t-il pas besoin de soins psychiatriques ?
Y a-t-il pays d’Asie, Europe, Afrique,
Plus terroriste que toi, l’Amérique (5)?

Oui, Israël, apartheid, mur de brique (6),
Massacrant pour un rêve chimérique (7);
Mais ta voracité égocentrique,
Fait de toi la vraie vipère lubrique(8).

Notes (écrites par Hamil al Amani lui-même) : 1- Stratosphère: altitude comprise entre 12000 et 40000 mètres, soit entre la troposphère et la mésosphère. 2- Troposphère: altitude comprise entre le sol et 12000 mètres, en moyenne. 3- Après avoir été longtemps et largement encouragés et soutenus durant la guerre Irak-Iran et la guerre d’Afghanistan par les Américains. 4- Éloge, louange, apologie. 5- Massacre des tribus indiennes, esclavage, ségrégation, bombes de Hiroshima et de Nagasaki, Vietnam, Chili, camps de Guantanamo et j’en passe. 6- En fait, mur de béton, devenu de brique pour les besoins de la rime. 7- Édification du Grand Israël. 8- Insulte politique en usage sous le stalinisme et dirigée contre l’impérialisme, américain principalement.

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26 Réponses

  1. bonjour!
    mais ça m’a tout l’air d’un coup de pub ça? :))
    alors l’anarchiste en plus de t’être entiché de moi( littérairement c’est ça!) et de mes breuvages de mots, tu t’interesses à mon ami Habib Al Amrani? parce que « Hamil al amani » n’est qu’un pseudo qui rime avec son nom…
    un poète d’exception doté d’un humour corsé et d’une plume raffinée, d’ailleurs j’ignore pourquoi il ne fait pas dans la romance!
    je vous invite à le découvrir amplement (sans jeu de mots mon cher ami:)) sur le lien suivant:

    http://www.biliki.com/index.php?biliki=habib-el-amrani

    et même à prendre contact avec sur facebook 🙂

    en attendant que je sois moi même publiée, il n’y a qu’à me joindre dans mon petit blog de dilettante 🙂

    je réitère ma joie d’avoir découvert le « blogue » à la québécoise 🙂

    « ma grande » t’es vraiment sympa sur ce coup :))

  2. Ces quelques lignes sont délicieuses… Dans le contexte politique particulier du Maroc, il est rafraîchissant d’entendre ces voix. Cependant, l’anarchie n’est pas la seule solution… Les citoyens peuvent reprendre le pouvoir de leurs gouvernements et modifier drastiquement le visage des états… Un état peut être au service de ses honnêtes citoyens.

    Salut et bonne fin de semaine!

  3. @Lutopium

    « Ces quelques lignes sont délicieuses… Dans le contexte politique particulier du Maroc, il est rafraîchissant d’entendre ces voix »

    En effet!

    « Cependant, l’anarchie n’est pas la seule solution… Les citoyens peuvent reprendre le pouvoir de leurs gouvernements et modifier drastiquement le visage des états… Un état peut être au service de ses honnêtes citoyens. »

    Ça s’approche un peu de la démocratie participative des anarcho-socialistes, tout de même. Ce n’est pas exactement ce que je souhaite mais c’est un pas dans la bonne direction. Mais ton but est inatteignable pas le biais des partis politiques, et encore moins en restant dans le Cacanada (ce dernier, tu le sais très bien!)

  4. @Waaayli

    « mais ça m’a tout l’air d’un coup de pub ça? :)) »

    Ben oui, quand un blogue m’intéresse beaucoup, j’en fais la promotion ici.

    « alors l’anarchiste en plus de t’être entiché de moi( littérairement c’est ça!) et de mes breuvages de mots, »

    Pas seulement littérairement, intellectuellement aussi!

    Merci beaucoup pour le lien (il y a un récit si touchant là-dedans) et pour les autres informations.

    « en attendant que je sois moi même publiée, il n’y a qu’à me joindre dans mon petit blog de dilettante »

    Bien sûr! Mais j’en connais d’autres qui auraient le talent pour être publiés.

    « je réitère ma joie d’avoir découvert le “blogue” à la québécoise »

    Super!

     » “ma grande” t’es vraiment sympa sur ce coup :)) »

    Non il n’y a rien là, ça me fait plaisir mon petit 😉

  5. Anarcho-pragmatiste, on a discute auparavent de ta position sur l’echelle individualiste/collective. Tu devrais prendre ce test:
    http://www.simplyanarchy.com/quiz/

  6. Je vais regarder ça François. Ça fait un bout que je n’ai pas visité ce site. Merci!

  7. Résultat: -50 (individualiste)

    Pas surpris.

  8. Je ne suis pas surpris non plus.

    Je savais que j’étais un peu moins individualiste que toi. Le contraire m’aurait beaucoup étonné!

  9. Oui mais je pense que mon test n’est peut-etre pas aussi valide que je le pensais. Je vais receuillir d’autres opinions.

  10. As-tu l’intention d’ajouter des questions et/ou de modifier la façon de calculer le score?

  11. Hamil al amani

    Je débarque à l’instant de Marrakech et mon premier geste a été de vérifier si l’anarcho-pragmatiste avait rendu à l’anar (individualiste) ce qui appartenait à l’anar (individualiste), mais pas à Renaud (l’anar, tendance patchouli). Quelle ne fût pas ma surprise de me voir publié sur son blog et classé « Littérature », en plus. La classe, quoi. Mon ego d’anar individualiste n’en finit plus de se gonfler et je ne vais pas, bien sûr, rater l’occase d’en fourguer d’autres, de mes textes merdiques:

    « Faisons l’amour, pas la guerre »

    « Mis à part, d’accord, admettons,
    Les flics, les juges, les matons (1),
    Tenants des vertus du bâton,
    Sharon, Bush, Saddam, avortons,
    Qui aiment faire des cartons,
    En appuyant sur des boutons,

    Cet appel s’adresse à Riton,
    Chen et Boris, à toi Bitton,
    Et toi le Black, toi le Raton (2),
    Puis toi bien sûr, mon vieux Clinton,
    Aux grands intellos de bon ton,
    A ceux que point nous ne citons :

    « Basta (3) la haine et les jetons (4),
    Guerre, terreur, laissez béton (5),
    Occupez vous, c’est moins coton,
    De vos nanas, de vos gitons (6)
    Et adoptez tous le dicton :
    Plutôt l’amour que la baston (7) ».

    Notes : 1) Matons : geôliers, gardiens de prison.
    2) Dans l’ordre : Riton le Français (diminutif d’Henri), Chen le Chinois, Boris le Russe, Bitton (nom juif) l’Israélien, Black l’Africain ou l’Afro-américain et Raton l’Arabe.
    3) Basta : Assez, ça suffit
    4) Les jetons : la peur.
    5) Laissons béton : verlan (parler des banlieues) de laissons tomber.
    6) Gitons : éphèbes, mignons.
    7) Baston : bagarre, castagne, le fait de se taper dessus.

    « J’aimerais savoir, Palestine,
    Quel avenir on te destine ».

    « C’est bien égal qu’on assassine,
    Bush, Ben Laden, Sharon, Yassine ».
    De leur terreur qui s’enracine,
    Il vaudrait mieux qu’on nous vaccine.

    On n’en peut plus qu’ils nous bassinent,
    Avec leurs saintes médecines (1),
    De sombres cons qui vaticinent (2),
    De fous furieux qui hallucinent.

    Plutôt affronter le Khamsin (3),
    Ou se noyer dans la piscine,
    Que de jouer les bécassines (4),
    Dans ce futur qu’ils nous dessinent ».

    Notes:
    1) Religieuses, morales ou spirituelles.
    2) Vaticiner: Sombrer dans un délire prophétique.
    3) Khamsin: Vent de sable torride qui sévit en Egypte et qui peut durer 50 jours.
    3) Bécassine: Jeune fille niaise, à qui on fait tout gober.

    « L’athégriste (1)bachique »

    « C’est quoi le pire, ô trublion,
    Fatwa, croisade ou bien talion ?

    Transmets, Témoin, quand tu t’en vas,
    Mon bras d’honneur à Jéhova,

    Sachez, croyants aux mains levées,
    Que je pisse au cul de Yahvé,

    Me fais chier face à l’Islam,
    Dont les fous d’Allah (2) se réclament,

    Puis crache à la gueule du Christ,
    Pédophile(3) à la mine triste(4),

    Et vomis sur Vishnou, védas,
    Et Gras du bide, le Bouddha,

    Portant moult toasts à la santé,
    De mes camarades athées ».

    Notes:
    1)Ne pas confondre avec antéchrist. Je ne crois pas au diable non plus.
    2) Et il n’y a pas que ceux-là
    3) N’aurait-il pas dit : « Laissez venir à moi les petits enfants » ?
    4)A la triste figure, aurais-je dit, sans la contrainte de la rime, eu égard aux horribles et multiples massacres commis en son nom par la Chrétienté.

  12. @Hamil Al Amani

    En fait, je dirais même que Renaud n’est pas vraiment un anar mais il exprime des pensées anars, par contre.

    Je vais publier une deuxième partie sur vous avec vos excellents vers, mais pas tout de suite, j’ai un autre truc à écrire avant.

    Jésus pédophile? Je vais y réfléchir. Cette interprétation ne fera pas l’unanimité, c’est certain. Faut dire que Jésus avait d’autres problèmes mentaux.

    Merci encore une fois pour vos vers!

  13. hamil al amani

    @anarcho-pragmatiste
    Jésus n’aurait-il pas dit : »Laissez venir à moi les petits enfants? »

  14. J’avais bien compris mais peut-on affirmer que Jésus était pédophile seulement à partir de ce propos? Peut-être…

  15. hamil al amani

    Je n’affirme rien, je joue sur les mots, d’autant plus qu’historiquement, il n’est même pas sûr qu’il ait vraiment existé, rien dans les écrits de l’administration romaine de la province de Palestine de l’époque ne permettant de l’affirmer et la religion chrétienne, consistant pendant quelques siècles en quelques sectes éparses n’est vraiment née officiellement qu’avec la conversion de l’empereur Constantin, au début du 4e siècle. Les évangiles, eux, n’ont été écrits que des dizaines d’années après l’époque où il est supposé avoir existé.
    Mais en supposant qu’il ait existé, s’il a vraiment vécu une vie d’abstinence envers les femmes (ou les hommes), il y a tout lieu de penser que, comme la majorité des prêtres catholiques, il aurait eu un penchant pour les petits garçons et, éventuellement, les petites filles.

  16. Là, je comprends mieux ce que vous voulez dire! Très intéressant et je suis d’accord avec vous!

    « Mais en supposant qu’il ait existé, s’il a vraiment vécu une vie d’abstinence envers les femmes (ou les hommes), il y a tout lieu de penser que, comme la majorité des prêtres catholiques, il aurait eu un penchant pour les petits garçons et, éventuellement, les petites filles. »

    Idem pour plusieurs prêtres catholiques. Les protestants ont au moins compris que cette exigence n’avait aucun sens!

  17. l’anarchiste, au fait il faut que je vous précise un tit truc:
    avec habib et d’autres amis on se prête à des duels de jeux de mots, on joute de la verve et le plus sérieux de nos propos n’est pas à prendre au mot 🙂
    je me ferai une joie cher anarchiste de te présenter ces amis afin que tu saisisses mieux nos élucubrations 🙂

  18. Le plaisir sera aussi pour moi, chère Waaayli.

    « avec habib et d’autres amis on se prête à des duels de jeux de mots, on joute de la verve et le plus sérieux de nos propos n’est pas à prendre au mot »

    Excellent!

  19. Hamil al amani

    Oui, c’est un poète palestinien qui a voué sa vie à écrire des choses pour décrire la souffrance de son peuple et l’exhorter à se tenir debout.
    Je ne l’ai pas lu, car je suis nul en arabe, mais j’ai écouté certaines de ses chansons, chantées par Marcel Khalifa, un autre Palestinien. Un poète et un chanteur, fragiles remparts contre l’impérialisme sioniste. Je lui dédie ces textes, loin de valoir les siens, sans doute, mais c’est tout ce que j’ai à lui offrir:
    « En deux langues et trois religions »
    (That three good old time religions, are much more than good enough for me)
    En hommage à Abraham Serfaty et Amran El Maleh, respectivement intellectuel et écrivain juifs marocains, ainsi qu’à tous les athées, israélites, chrétiens , musulmans , bouddhistes ou autres, épris de justice et d’équité, et en guise d’appel pour la création, sur la totalité de la terre de Palestine d’un Etat fraternel, laïque et démocratique (pas tout à la fois, camarade. La fédération anarchiste de Palestine, ce sera pour plus tard), qui ne privilégierait aucune religion en particulier, mais foutrait la paix à ceux qui voudraient, ou ne voudraient pas, les pratiquer.

    « Mon souhait pour Noël :
    Glorieux ange Azraël,
    Pour l’amour d’Ismaël,
    Défais nous d’Israël (1) ».

    « Here’s my Christmas wish of well :
    Glorious angel Azraël,
    For the sake of Ismaël,
    Get us rid of Israël (1) ».

    1)Israël, entité sioniste et colonialiste, qui s’arroge à tort, selon la tradition juive même et contre la volonté des nombreux juifs antisionistes, le droit de représenter tous les juifs du monde et désire les enfermer dans un immense ghetto protégé par un nouveau mur de la honte, qui pratique l’apartheid et le terrorisme d’Etat contre le peuple palestinien, lequel ne fait que se défendre et revendiquer sa terre injustement spoliée est une abjection pour le peuple juif martyr, qui a subi l’holocauste et pour l’Occident chrétien, qui a permis cet holocauste, qui en a acquis un sentiment de culpabilité et qui se voile la face devant les exactions que les gouvernants de cette entité ne cessent de commettre en les laissant agir à leur guise.

    « Ce que j’en pense »

    « L’Attaque, d’importance,
    Sape votre arrogance,
    U.S.A. Sa violence,
    Est fruit de la souffrance,
    Infligée sans décence,
    Aux damnés du silence.

    Voyez-vous comme ils dansent,
    Comme en réjouissance?
    Vous devez cette outrance,
    A toutes vos carences,
    Vos piètres manigances,
    A votre incompétence.

    L’humiliation, l’errance.
    Un peuple crie vengeance!
    Sabra, Chatila. Pense,
    Palestine aux offenses,
    A l’atroce impudence,
    De la sioniste engeance,

    Gardienne en sous-traitance,
    Des pompes à essence,
    De l’Arabie immense,
    La corne d’abondance,
    Sous haute surveillance.
    Dont les sheiks vous financent.

    C’est l’Arche d’alliance,
    Croisade en connivence,
    Sionisme dont l’absence,
    De droits humains relance,
    Par voie de conséquence,
    Rébellion, Résistance.

    Stop aux condescendances !
    Gelez la dominance,
    Des lobbies d’influence,
    D’Israël. Leur nuisance,
    Fait le lit des croyances,
    Aux voies de virulence.

    Toi qu’on aime, la France,
    Garde bien tes distances,
    N’offre point d’assistance,
    Au Monstre d’Opulence,
    Dans sa macabre danse,
    Autour de la potence.

    Vous la Superpuissance,
    Un soupçon de bon sens !
    Est-ce agir d’efficience,
    Que d’aller sans nuances,
    Bombarder en cadence,
    Des bouts d’Afghanistance ?

    Assez de véhémence !
    Faisons tous pénitence,
    Et nos condoléances.
    Match nul ! New York compense,
    La somme des créances,
    De votre outrecuidance.

    Sondez votre conscience.
    Seule la clairvoyance,
    Purgera cette ambiance,
    De mort et de démence.
    L’Equité ! C’est le chance
    Et vraie voie de vaillance ».

    « Les enfants des Territoires »

    « Disposant d’un large auditoire,
    Au cours d’un cocktail dînatoire,
    Je me plus à conter l’histoire,
    De ces enfants des Territoires.

    Je dressai mon réquisitoire,
    Sur les mesures vexatoires,
    Infligées de façon notoire,
    A ces enfants des Territoires.

    Des victimes expiatoires,
    A la bravoure méritoire,
    Lorsqu’on les pousse à l’Abattoir,
    Sont les enfants des Territoires.

    Des cruautés rédhibitoires,
    Concoctées dans les consistoires,
    De sanhédrins inquisitoires,
    Pour les enfants des Territoires.

    Des violences attentatoires,
    Des purs Sionistes, péremptoires,
    De leur Knesset fulminatoire,
    Sur les enfants des Territoires.

    Sous les yeux froids, compensatoires,
    D’un Occident en purgatoire,
    A cause des fours crématoires,
    Meurent’ les enfants des Territoires ».

    « Enfants d’ici et de là –bas »

    « Refrain
    De l’aurore jusqu’aux matines,
    Vos bambins rient, courent, trottinent,
    Gavés de chants et de comptines.
    Les pianos jouent des sonatines,
    On va cueillir des églantines,
    Pour les jolies filles mutines.

    Pour les gamins de Philistine (1),
    Ce n’est pas de la nougatine.
    Foulés aux pieds sous les bottines,
    On les écrase, on les piétine,
    On les tabasse ; les ratatine,
    On les transforme en gélatine.

    Refrain
    De l’aurore….

    Briser leur révolte enfantine,
    C’est une thèse sabbatine,
    Que l’on discute à la cantine,
    Dont on fait toute une tartine.
    Pour Tsahal ce n’est que routine,
    Un tas de morts qui s’agglutinent.

    Refrain
    De l’aurore…

    Puis il y a Sharon qui s’obstine,
    Aux exécutions clandestines,
    De résistants de Palestine ,
    Et l’attitude byzantine,
    Partiale et pour le moins crétine,
    De Bush, Blair, Jospin et Poutine.

    Refrain
    De l’aurore… »

    Note : (1) Nom arabe de la Palestine.

    « Missive à un ami français,
    Afin de lui ouvrir les yeux »

    « Toi qui mènes ta vie, bien peinard, en Dordogne,
    Quand tu ne vas chasser le canard en Sologne,
    Toi qui sais apprécier un bordeaux, un bourgogne,
    Sans choir sous la table tel un vulgaire ivrogne,

    A ton poste télé sens tu monter la grogne,
    La fronde des enfants manifestant leur rogne ?

    Que sais tu de la terre envahie par les cognes (1),
    Qu’afin que ça rime j’appelle Palestogne ?
    Ethnique épuration se nomme leur besogne,
    Ces soudards, ces vautours, dignes fils de carognes(2).

    A ton poste télé sens tu monter la grogne,
    La fronde des enfants manifestant leur rogne ?

    Ils tuent si bon leur semble, Amérique à leur pogne,
    Derrière un piètre abri l’enfant qui se rencogne
    Et son père, fautifs du mal(3)de sale trogne (4),
    Au nom de la Shoah les butent, sans vergogne.

    A ton poste télé sens tu monter la grogne,
    La fronde des enfants manifestant leur rogne ?

    Mais ces enfants perdus ont des mères gigognes (5),
    Il en renaît sans cess’ qu’apportent les cigognes.
    L’ire(6) monte à présent, écoute la qui hogne (7),
    Hurle: Ariel Sharon ! ! ou … est-ce Arrière, Charogne ! ?
    A ton poste télé sens tu monter la grogne,
    La fronde des enfants manifestant leur rogne ? »

    Notes : 1) Cogne : Veut dire flic, habituellement, ou gendarme. Par licence poétique, je lui donne ici le sens de soldat étranger menant une besogne de basse police dans les territoires occupés.2) Carogne : Mauvaise femme, mégère, charogne 3) Mal : crime, délit. 4) Trogne : faciès 5) Gigogne : Mère prolifique 6) Ire : Colère 7) Hogner : Grogner, grommeler sa haine.

    « Pax americana »

    « Bush, Powell et Rice, comme des fous s’activent,
    Branle-bas de combat, ils chargent les ogives,
    Pour donner à Saddam un coup dans les gencives,
    C’est ce qu’ils appellent la guerre préventive.

    Avant qu’un criminel prenne une initiative,
    Qu’on juge a priori comme étant subversive,
    Contre lui on exerce une action punitive,
    Des scènes de ce film récent nous la décrivent (1).

    Pax americana, c’est la voie agressive,
    Dont on use à présent face aux nations chétives.
    Israël peut tout faire, exception sélective,
    Tant les voix arabes sont peu persuasives.

    Aux colons de Sharon la fibre admirative,
    Pour leur implantation les aides attractives,
    Ecole, hôpital, route, installations sportives,
    Lobby juif au Congress à l’action décisive.

    Sabra et Chatila, razzias vindicatives,
    Destruction de maisons, rafles répétitives,
    Chars d’assaut, roquettes, tueries expéditives,
    Arrestations, prison, torture inquisitive,

    Privés de leurs terres, errant à la dérive,
    Les Palestiniens eux, n’ont droit qu’aux invectives,
    Ils n’ont plus d’autre choix qu’une charge explosive,
    Pour s’immoler au sein d’un bus à Tel Aviv.

    La violence ne crée qu’une haine oppressive.
    Dieu j’aimerais tant que tous ensemble ils revivent,
    La Palestinienne, si belle, éclatée vive,
    Les passagers du bus et que la paix s’ensuive ».

    Note : 1) « Minority report » , avec Tom Cruise dans le rôle principal.
    La loi du plus fort n’est jamais la meilleure

    « La loi du plus fort n’est jamais la meilleure »

    « Les yeux du monde entier se braquent,
    Sur le sort fixé à l’Irak,
    Par les deux affreux Goldoraks.
    Reniant l’ex ami qu’ils traquent,
    C’est un peuple innocent qu’ils craquent,
    Pour voler son pétrole en vrac ».

    « Le fou et le barjot(1) »

    « La raison du plus fort est toujours la meilleure :
    Nous l’allons montrer tout à l’heure.

    Saddam soignait ses intérêts,
    Imposant une ligne dure,
    Quand Bush survint soudain, las de leur joint-venture,
    Sa pulsion d’hégémonie l’attirait.
    « Qui te rend si hardi de troubler mes forages ? »
    Dit l’Américain plein de rage :
    Tu seras châtié de ta témérité.
    « Sir, répondit Saddam, Sir que votre âpreté
    Ne se mette pas en colère ;
    Mais plutôt qu’elle considère
    Que si je joue au grand tyran,
    C’est très courant
    Moitié du monde en dessous d’Elle.
    Et que par conséquent, même en jugeant au pire,
    Je ne puis troubler son empire. »
    « Tu le troubles », reprit l’Américain cruel,
    « Tu fis tort à mon père, il y a douze ans passés.
    « Comment l’aurais-je fait, lui qui m’a tabassé »,
    Dit Saddam, «lors des batailles la Mère ? »
    « Si ce n’est toi, c’est donc tes frères. »
    « Je n’en ai point. » « Tes sosies j’ai surpris !
    Puis vous ne m’épargnez guère,
    Vous, votre OPEP et vos prix,
    On me l’a dit (2) : il faut que tout je garde».
    Là dessus, basé dans son PC,
    Bush fond sur l’Irak, le bombarde,
    Sans autre forme de procès. »

    Notes : 1) Barjot : Cinglé, cinoque, timbré. Verlan de jobard qui veut dire niais, crédule jusqu’à la bêtise. 2) Rice ou ses amis les pétroliers texans.

    Je m’arrête-là, avec toutes mes excuses, pour cet abus d’utilisation de ton espace. 😀

  20. Continuez à abuser de mon espace, mon cher! Merci!

  21. hamil al amani

    Merci pour ton autorisation. Alors, encore celui-ci:

    « Tous dans le même sac…de m… »

    « Prisant la samba carioca,
    Au rythme de ma derbouka,

    Je n’aime plus la mazurka,
    Ni le son des balalaïkas,

    Ni Poutine, vil judoka,
    Pis qu’Eltsine ivre de vodka,

    Bush, taré buveur de coca,
    A l’Irak causant du tracas,

    Le Pen, tenant du svastika,
    Boutant du Beur avec fracas,

    Cheikh Yassine, anti-laïcat,
    Fan de tchadors et de burkas,

    Et puis Sharon, foutu raca (1),
    Traquant l’Arabe au bazooka,

    Tous ces connards indélicats,
    Ont un fort relent de caca ».

    Note : (1) Pire insulte qu’on puisse faire à un frère… ou à un cousin sémite.
    puis celui-là:

    « Au tiroir des affaires classées »

    « Conterai-je au Croissant, à l’Etoile, à la Croix,
    Qu’un Dieu, s’il existait, s’en foutrait qu’on y croie,
    Que rites désuets, messages dépassés,
    Sont à mettre au tiroir des affaires classées ?

    Libertaire enfermé dans une tour d’ivoire,
    Je déblatère en vain pour un piètre auditoire,
    Dont l’écho me renvoie le saint prêchi-prêcha,
    En plein dans la gueule, pituiteux crachat.

    Quand bien même un milieu, hostile aux libertaires,
    Dans mon propre intérêt m’intime de me taire,
    Je ne peux franchement m’arrêter de penser,
    Quitte à nier son Code ou à le transgresser.

    Je voudrais cogiter selon mon bon désir
    Et user de la vie pour me faire plaisir,
    Aimer mes semblables, aspirer à bâtir,
    Un monde sans haine, ni faim, ni repentir ».

    et enfin, celui-là:

    « Que caches tu là dessous ? »
    A Salman Rushdie, à Taslima Nisrine

    « Toi dont la vie est aliénée
    Et la jeunesse emprisonnée,
    Par l’intégrisme et ses damnés
    Qui aimeraient m’assassiner,

    Pour mes propos carabinés,
    Sur leurs doctrines surannées,
    J’aimerais bien te questionner,
    Oh, juste pour te taquiner :

    Sous ton tchador bien boutonné,
    Y a-t-il un corps de vahiné,
    Pourvu de fente et de nénés,
    Ou bien de truie, couvert d’acné? »

  22. Merci encore!

    Un jour j’en ferai des billets.

  23. hamil al amani

    @anarcho-pragmatiste
    Tu demandais, le 11 août,si on connaissait Mahmoud Darwish.
    J’ ai reçu ce matin cet e-mail, que je te retransmets intégralement:
    « Nous pouvons être fiers et heureux d’avoir été les contemporains de Mahmoud Darwich, de l’avoir entendu de nombreuses fois réciter ses beaux poèmes, d’avoir eu la chance de connaître sa magnifique poésie au fil de son écriture. Il a commencé sa carrière en étant un jeune poète palestinien qui, le premier, a utilisé la poésie comme flambeau de la jeune résistance palestinienne et il a fini comme un grand homme parmi les grands, comme un poète universel et immense, reconnu, partout et par tous.
    Aujourd’hui, le 9 août 2008, son cœur a lâché, ses fragiles artères n’ont pas tenu le coup après cette troisième et grande intervention chirurgicale, et… il nous a quittés. Sa disparition nous laisse au cœur une grande douleur et un immense vide dans nos esprits.
    Son dernier poème « Le joueur de dés » est d’une beauté, d’une finesse, d’une sensibilité presque indicibles. Pour celles et ceux qui ne l’ont pas lu en arabe, j’ai traduit quelques vers choisis du début, du milieu et de la fin de ce long poème relate de manière autobiographique et condensée le destin de l’homme, du poète Darwich ».
    Rania SAMARA

    « Le joueur de dés »

    « Qui suis-je pour vous dire
    ce que je vous dis ?
    Je ne suis pas la pierre façonnée par l’eau
    pour que je devienne visage
    ni le roseau percé par le vent
    pour que je devienne flûte…

    Je suis le joueur de dés
    je gagne ou je perds
    Je suis votre pareil
    ou un peu moins…
    Je suis né près du puits
    et des trois arbres solitaires comme des nonnes
    Je suis né sans youyous ni sage-femme
    j’ai reçu mon prénom par hasard
    Je suis né dans ma famille
    par hasard
    j’ai hérité de ses traits, de ses qualités
    et de ses maladies :
    Premièrement – la malformation des artères
    Deuxièmement – la timidité en s’adressant à la mère, au père
    et à la grand-mère/arbre
    Troisièmement – l’espoir de guérir de la grippe
    avec une tasse de camomille bien chaude
    Quatrièmement – une certaine paresse à parler de la gazelle et de l’alouette
    Cinquièmement – l’ennui pendant les nuits d’hiver
    Sixièmement – un échec flagrant de pouvoir chanter…
    /…/

    Qui suis-je pour vous dire
    ce que je vous dis?
    Qui suis-je ?

    L’inspiration aurait pu me manquer
    et l’inspiration est la chance des solitaires.
    Le poème est un coup de dés
    sur le damier de l’obscurité
    Il rayonne ou ne rayonne pas
    et les paroles tombent
    telles des plumes sur le sable/
    /…/

    Qui suis-je pour vous dire
    ce que je vous dis?
    J’aurais pu ne pas être moi
    j’aurais pu ne pas être ici…

    L’avion aurait pu s’écraser
    un matin
    J’ai la chance d’être un lève-tard
    j’ai raté l’avion
    J’aurais pu ne pas connaître Damas, le Caire,
    le Louvre ou les villes enchanteresses
    /…/

    J’ai la chance de dormir seul
    de pouvoir écouter mon corps
    de croire que j’ai le don de découvrir la douleur
    et d’appeler le médecin, dix minutes avant la mort
    Dix minutes suffisent pour vivre par hasard
    pour décevoir le néant

    Qui suis-je pour décevoir le néant ?
    Qui suis-je ? Qui suis-je ? »

  24. Merci Hamil pour cette information en l’honneur de Darwich.

    Très intéressant!

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