Six attitudes anarcho-pragmatistes essentielles

Par analogie avec les cinq attitudes libertariennes essentielles du Québécois Libre, voici les six attitudes anarcho-pragmatistes essentielles:

1- Individuellement parlant, assumer ses choix et cesser de rejeter la responsabilité de ses actions sur les autres

En d’autres termes, dans sa propre vie, cesser de quémander l’aide de l’État pour tout et pour rien et cesser de blâmer les autres pour ses échecs, afin de reconnaître sa propre responsabilité et ainsi apporter les correctifs nécessaires pour progresser dans sa vie.

2- En contrepartie, du point de vue du regard critique sur la société, reconnaître que la chance peut jouer un rôle dans la réussite ou l’échec d’un individu et accepter de vivre avec cette injustice (on peut la considérer comme étant l’attitude 1B: voilà pourquoi il y a six attitudes)

Voilà un point ignoré ou volontairement omis par la quasi-totalité des drouatistes étatistes et des libertariens. Par exemple, pensez-vous que Jacques Villeneuve aurait été champion de F1 s’il n’était pas le fils de Gilles et que Pierre-Karl Péladeau serait un homme d’affaire reconnu s’il n’était pas le fils de Pierre, kisse? Jamais.

Des exemples comme ceux-là, il y en a des tonnes et le phénomène du népotisme est encore plus exacerbé quand l’État est omniprésent. De plus, il y a beaucoup de personnes qui réussissent ou qui échouent à cause de l’État.

Note (merci à Jimmy St-Gelais): Plusieurs personnes pourraient croire que l’attitude 1 fait l’apologie de la responsababilité individuelle totale à la sauce libertarienne. Ce n’est que partiellement le cas. Tout ce que je dis, c’est qu’il s’agit une attitude que vous devriez avoir dans votre propre vie (attitude 1) mais pas dans votre regard critique sur la société (attitude 1B). L’attitude 1 n’est pas: 1) un refus des regroupements collectifs ni 2) une apologie des campagnes de propagandes haineuses contre les démunis (en particulier contre les BS et les étudiants pauvres), vomies sous le prétexte de la responsabilisation individuelle et qui ont la cote chez les médias-poubelles par les temps qui courent, et qui ne font qu’aggraver la situation de ces personnes.

3- Voir l’aventure humaine avec optimisme

Y en a marre de l’état de crise permanent et pessimiste des étatistes: guerre au terrorisme, guerre aux drogues, refroidissement et réchauffement catastrophique de la planète, hypersexualisation des jeunes filles, pic pétrolier, dénatalité, vieillissement de la population, gras trans, pandémie d’obésité, insécurité routière, algues bleues, bagarres au hockey, OGM, bogue de l’an 2000. À souèèère, il faut faire peur au monde, BOUH! Il faut comprendre que l’état de crise permanent sert les intérêts de l’État et que c’est normal qu’il en soit ainsi. Par contre, la quasi-totalité des anarcho-socialistes sont pessimistes et croient que nous vivons dans un monde de merde qui nécessite à tout prix une révolution immédiate et drastique: un comportement dont les libertariens se sont affranchi et c’est tout à leur honneur.

Tout anarcho-pragmatiste doit adopter une attitude optimiste qui sera plus agréable, moins contre-productive et moins souffrante psychologiquement que celle des anarcho-socialistes et des étatistes pessimistes, sans pour autant sombrer dans un optimisme jovialiste et béat afin de continuer à être réaliste et rationnel.

4- Viser une amélioration constante à long terme plutôt qu’une perfection statique à court terme

Voilà une attitude tout à fait contraire à celle de la plupart des anarcho-socialistes qui carburent à la révolution immédiate et drastique. Cette nouvelle attitude éviterait les dérives violentes et totalitaires que les anarcho-socialistes ont connues par le passé.

Ne pas croire à un idéal anarcho-socialiste parfait qui surviendra de notre vivant, car cela est impossible. Tout anarcho-pragmatiste adoptera une attitude plus progressive que ceux qui carburent aux mesures immédiates et drastiques (y compris chez les étatistes), ce qui est beaucoup plus efficace pour que les gens acceptent de comprendre et d’épouser nos idées.

De plus, les libertariens eux-mêmes n’agissent pas toujours de façon cohérente avec cette attitude essentielle, ce qui met de l’huile sur le feu de l’impérialisme néo-conservateur de la drouate étatiste.

5- Être tolérant et accepter la diversité

Pour tout anarcho-pragmatiste, tout est acceptable en autant que cela ne porte pas préjudice à autrui ou à sa possession (pas dans le sens de « propriété ») sans son consentement. Les gens peuvent disposer de leur corps à leur manière et se comporter entre eux comme ils le veulent dans la mesure où tout cela est volontaire. Dans de telles conditions, personne n’a le droit d’empêcher quiconque de vivre à sa façon s’il ne nuit à personne d’autre, même si la presque totalité de la population désapprouve son comportement particulier. Dans ces mêmes conditions, les gens peuvent donc se droguer, se prostituer, se branler, aimer les fantasmes sado-masochistes, participer à des partouzes, être homosexuel, être bisexuel, fumer dans un bar, ne pas attacher sa ceinture d’insécurité, ne pas porter de casque d’insécurité à moto ou à vélo, verser 60% de son salaire à son Église, manger de la malbouffe riche en gras trans et vénérer Maurice G. Dantec sans aucune intervention policière violente.

De plus, il faut essayer de s’informer sur les autres idéologies. L’ignorance de certains concepts peut créer une fausse interprétation de ces idéologies, ce qui peut nous priver d’un argumentaire solide et cohérent, ainsi que d’alliances stratégiques temporaires avec des groupes épousant des idéologies très similaires à la nôtre, qui nous permettraient de faire progresser la majeure partie de nos idées.

6- Je ne suis vraiment libre que si tous les hommes sont libres

La fameuse phrase de Bakounine qui consititue la plus importante des attitudes anarcho-pragmatistes essentielles. La liberté individuelle n’est qu’une mince consolation en l’absence de la liberté pour tous. Si seulement les gens vivants dans le territoire québécois étaient tous libres, ce serait déjà un accomplissement extraordinaire et nous pourrions être fiers de faire partie d’un véritable modèle québécois même si, bien sûr, le but ultime est que cette liberté s’étende à l’ensemble de l’humanité. Je n’ai rien d’autre à ajouter.

Vous voyez, je ne suis pas original du tout: quatre des cinq attitudes libertariennes essentielles sont là. Merci à Martin Masse pour l’inspiration. En vérité, je vous le dis (c’est vrai que cette formulation ressemble à des propos bibliques mais bon…): l’anarcho-pragmatisme (ou l’anarcho-socialisme qui est la même chose en tant qu’idéologie) et le libertarianisme sont plus similaires que vous ne le croyez. Et dire que la quasi-totalité des libertariens et des anarcho-socialistes osent prétendre que ces deux idéologies sont irréconciliables! Quel raisonnement réducteur!

Si vous vous reconnaissez dans chacune de ces attitudes, félicitations, vous êtes un anarcho-pragmatiste! Sinon, dites-vous qu’il n’est jamais trop tard pour changer d’idée, mais de grâce, ne faites pas comme cette boussole démagnétisée, je vous en prie! Si vous ne vous reconnaissez pas dans aucune de ces attitudes, vous êtes un étatiste en puissance.

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45 Réponses

  1. En vérité, je vous le dis:…

    En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé

    Le Bon Dieu n’est jamais très loin au Québec…

    En vérité, je vous le dis: l’anarcho-pragmatisme (ou l’anarcho-socialisme qui est la même chose en tant qu’idéologie) et le libertarianisme sont plus similaires que vous ne le croyez.

    Je ne suis pas certain de bien saisir: Est-ce que l’anarcho-pragmatisme est une « philosophie de la vie » ou une idéologie politique?

    Et je ne vois pas trop où se trouve le socialisme dans tes énoncés.

  2. @Arnold S.

    Le Bon Dieu n’est jamais très loin au Québec…

    J’admets que cette formulation ressemble à de la bondieuserie de curé, je voulais provoquer des réactions et j’ai un peu exagéré! Je viens d’ajouter une parenthèse à ce sujet dans mon billet!

    Je ne suis pas certain de bien saisir: Est-ce que l’anarcho-pragmatisme est une “philosophie de la vie” ou une idéologie politique?

    Pour le moment, c’est plus une manière rationnelle de considérer l’anarcho-socialisme. Si vous voulez le considérer comme une « philosophie de la vie », libre à vous. Est-ce une idéologie politique? Pas pour le moment mais l’idéologie anarcho-socialisme sera présentée sous l’angle anarcho-pragmatiste. Est-ce que l’anarcho-pragmatisme pourrait devenir une idéologie politique? Peut-être!

    Et je ne vois pas trop où se trouve le socialisme dans tes énoncés.

    Il n’y a pas de trace du socialisme étatiste. Par contre, le socialisme libertaire se retrouve surtout dans la sixième valeur (la phrase de Bakounine) essentielle, qui est la plus importante. De plus, les cinq autres valeurs essentielles n’entrent aucunement en contradiction avec l’anarcho-socialisme en tant qu’idéologie mais les anarcho-socialistes devraient les adopter pour faire progresser leurs idées.

  3. Ça prend toutes les neuronnes pour lire ça David! Bon texte, ça fait le tour. On apprend.

    Comme le mentionne Arnold, tu présentes tes idées en mélangeant les genres. J’ai pas beaucoup de difficultés à rallier la plupart des « attitudes » que tu présentes. Là où je décroche c’est quand tu disqualifies complètement l’état, comme si c’était un monstre hors de contrôle. L’état c’est à nous, citoyens, nous n’avons qu’à en reprendre le contrôle…

    Les défenseurs de l’école classique ne tiennent pas compte des évènements qui ont modifié les « lois naturelles » du marché – comme le krach de 1929, le new deal de Roosevelt, le plan Marshall – ou des analyses économiques plus récentes, comme celles présentées par Keynes et Galbraith. Hayek et Friedman se croyaient encore au 19ème siècle et ne font surtout pas l’unanimité au sein du monde financier. Malgré l’horreur – qui aurait pu être évitée – des faillites américaines et de la spéculation sur des titres doûteux, le gouvernement américain avait-il autre choix que de sauver la face? Quel spectacle…

    Le système capitaliste va durer encore un bout de temps et je suis d’accord avec toi pour dire qu’on sera morts lorsqu’il y aura des changements majeurs. Un jour à la fois…

    Si l’économie est capable de survivre avec un marché pratiquement oligopolistique, je ne vois pas comment une économie mixte peut faire chavirer le bateau. Le problème aujourd’hui pour les idées de gauche c’est que les rêveurs de richesse se sont appropriés la machine étatique. La corruption et la malhonnêteté appauvrissent notre patrimoine collectif. Je ne suis pas anarchiste, je crois que par solidarité, on arrivera à balancer les choses en reprenant une partie du contrôle. Nous sommes troppetits devant les grands, et la chance en est rarement responsable.

    Un marché auto-règlementé nous conduira droit vers notre perte. Et ça, c’est dommage que vous ne voulez pas prendre les précautions pour – au moins – éviter que ça nous arrive…

  4. DavidG,

    moi je croyais que l’adjectif « pragmatique » incluait un certain étapisme pour ce qui est de la place de l’État. Je crois que l’État est encore un mal nécessaire et qu’il ne pourra que disparaître au moment où la population sera assez responsable pour s’organiser sans. Et c’est l’éducation citoyenne qui est la clé.

    Aussi, par exemple, je vois une contradiction dans l’idée de lever l’interdiction de fumer dans les bars, puisque collectivement nous savons que la fumée secondaire est nocive, et tout le monde a le droit de respirer de l’air le plus pur possible dans un endroit accessible au public. J’irais même plus loin : pour la même raison, on devrait interdire les moteurs à essence, empêcher les industries de rejeter de la fumée toxique dans l’atmosphère…

    C’est là où je trouve le problème avec ce genre de philosophie, qui parle de liberté en occultant en même temps la réalité : les répercussions de la vie humaine sur l’environnement et le social.

  5. @lutopium

    Déjà des critiques parce que j’ai OSÉ m’inspirer d’un méchant blogue libertarien. Je n’en suis guère supris. Tout de même, merci pour le premier paragraphe de ton commentaire.

    Et en effet, je présente mes idées en mélangeant VOLONTAIREMENT des genres d’anarchismes pour vous démontrer à quel point ils sont similaires. J’ose croire que Arnold S. va comprendre rapidement: de ton côté, je ne me berce pas d’illusions, non pas parce que tu n’es pas intelligent (bien au contraire), mais parce que tu es un étatiste convaincu.

    J’ai pas beaucoup de difficultés à rallier la plupart des “attitudes” que tu présentes.

    La sixième attitude est un mantra anarcho-socialiste depuis fort longtemps. En quoi les attitudes 3,4 et 5 ne seraient-ils pas profitables aux anarcho-socialistes? Faut-il absolument être pessimiste, pressé et intolérant pour être un anarcho-socialiste? Ne sont-ce pas des attitudes qui nuisent à la crédibilité du mouvement anarcho-socialiste? En ce qui concerne l’attitude 1, j’ai bien pris soin de préciser qu’il s’agit d’une attitude prise « individuellement parlant » et « dans sa propre vie » et l’attitude 1B est contrepartie plus précise de l’attitude 1 qui n’a rien de libertarien. Dans ces conditions, comment l’attitude 1 (et son complémentaire 1B) ne serait-il pas profitable aux anarcho-socialistes?

    Il ne faut pas oublier que je n’ai pas considéré l’attitude libertarienne essentielle de « refuser de s’en remettre à des abstractions collectives », car l’anarcho-pragmatisme ne peut pas être tout à fait en accord avec cela.

    Les défenseurs de l’école classique ne tiennent pas compte des évènements qui ont modifié les “lois naturelles” du marché – comme le krach de 1929, le new deal de Roosevelt, le plan Marshall – ou des analyses économiques plus récentes, comme celles présentées par Keynes et Galbraith. Hayek et Friedman se croyaient encore au 19ème siècle et ne font surtout pas l’unanimité au sein du monde financier

    Tu parles d’une vision étatiste du capitalisme et non pas de la vision anarcho-capitaliste de ce concept. De plus, je n’ai jamais dit que l’École Autrichienne (Hayek, Mises), avec son anti-mathématisme primaire, et l’école de Chicago (Friedman) détenaient la vérité pure. Par contre, ils se trompent pas mal moins souvent que les Keynésiens!

    Le problème aujourd’hui pour les idées de gauche c’est que les rêveurs de richesse se sont appropriés la machine étatique. La corruption et la malhonnêteté appauvrissent notre patrimoine collectif. Je ne suis pas anarchiste, je crois que par solidarité, on arrivera à balancer les choses en reprenant une partie du contrôle.

    Tout à fait! Sauf que la gau-gauche étatiste demande à l’État de régler le problème qu’il a lui-même créé, en augmentant la taille de l’État encore plus, ce qui causera encore plus de corruption, d’appauvrissement, de gaspillage et d’appropriation des richesses par les BS corporatistes.

    Le mieux à faire pour reprendre ce contrôle, c’est justement de convaincre les gens qu’une réduction de la taille de l’État est nécessaire, ce que propose ce blogue.

    Un marché auto-règlementé nous conduira droit vers notre perte. Et ça, c’est dommage que vous ne voulez pas prendre les précautions pour – au moins – éviter que ça nous arrive…

    Un marché auto-réglementé serait certainement moins pire que l’étatisme de drouate ou de gau-gauche. Évidemment, l’idéal serait l’anarcho-pragmatisme! Je t’en expliquerai plus à ce sujet sur un billet subséquent. Pour te donner un indice: sous l’hypothèse d’une intervention de l’État maintenu à un niveau constant, mieux vaut les interventions socialistes. Voilà le genre de précaution qu’il faut prendre!

    Et pour te paraphraser: un état totalitaire socialiste nous conduira droit vers notre perte. Et ça, c’est dommage que vous ne voulez pas prendre les précautions pour – au moins – éviter que ça nous arrive!

  6. Ne t’en fais pas Renart, il y a un étapisme dans la réduction de la taille de l’État sauf que ce n’est pas le même que le tien. Loin de moi l’idée de vouloir démanteler les services publics essentiels immédiatement, surtout quand on se permet encore d’agresser militairement des territoires étrangers et de réprimer les crimes sans victime.

    Je crois que l’État est encore un mal nécessaire et qu’il ne pourra que disparaître au moment où la population sera assez responsable pour s’organiser sans.

    Absolument, voilà pourquoi l’anarcho-pragmatisme propose une approche progressive. Mais ne pas oublier que le capitalisme est aussi un mal nécessaire pour le moment!

    Et c’est l’éducation citoyenne qui est la clé.

    Si tu me parles de l’éducation citoyenne tel que décidé par l’État, on sombre dans l’étatisme. Mais peut-être est-ce une conscientisation VOLONTAIRE que ça prend et que c’est ça que vous voulez dire.

    Aussi, par exemple, je vois une contradiction dans l’idée de lever l’interdiction de fumer dans les bars

    Et il y a une contradiction flagrante entre l’anarchisme et le fait d’empêcher des adultes de fumer VOLONTAIREMENT dans une bar pour ADULTES. C’est une approche étatiste et coercitive typique des fascistes de la santé que tu proposes. Lever cette interdiction est tout à fait anarcho-pragmatiste!

    puisque collectivement nous savons que la fumée secondaire est nocive, et tout le monde a le droit de respirer de l’air le plus pur possible dans un endroit accessible au public.

    Parfait, alors regroupez-vous entre non-fumeurs et construisez vous-mêmes vos propres bars non-fumeurs.

    J’irais même plus loin : pour la même raison, on devrait interdire les moteurs à essence, empêcher les industries de rejeter de la fumée toxique dans l’atmosphère…

    Faudra que je vous explique un jour pourquoi l’État est le pollueur par excellence dans un billet subséquent.

    C’est là où je trouve le problème avec ce genre de philosophie, qui parle de liberté en occultant en même temps la réalité : les répercussions de la vie humaine sur l’environnement et le social.

    Réalité? Priorités mal ciblées? Ou état de crise permanent servant les intérêts de l’État?

    Les répercussion de la vie humaine ne seraient-ils pas moins sérieuses dans un État (composé d’humains) de moindre taille?

  7. Mais quand on parle du phénomène du tabac, il ne faut pas oublier qu’objectivement il a été imposé par l’État et les industries.

    N’importe qui, à la base, doit se faire violence pour aimer la cigarette…

  8. Et en effet, je présente mes idées en mélangeant VOLONTAIREMENT des genres d’anarchismes pour vous démontrer à quel point ils sont similaires. J’ose croire que Arnold S. va comprendre rapidement

    Je commence effectivement à comprendre ta démarche. J’apprécie, en fait, la dimension « pragmatique » de ton projet.

    Comme dit Von Mises, nous vivons dans un monde réel avec des personnes réelles. J’ai toujours trouvé que certains anarcho-libertariens, comme Rothbard, qui pensaient pouvoir se passer de l’état du jour au lendemain, par un simple claquement de doigts, étaient déconnectés de la réalité.

    En tout cas, avouons que les premières années d’une société anarcho-socialiste ou -capitaliste se passeraient dans le party le plus absolu, un Rave permanent! Mais je pense que les gens se calmeraient assez rapidement… Le gouvernement n’étant plus là pour prendre soin de ses petits enfants-citoyens.

    La Russie des années 90 nous donne un tout petit aperçu de ce qui peut se passer suite à la quasi-annihilation d’un état politique.

  9. @DavidG

    « Individuellement parlant, assumer ses choix et cesser de rejeter la responsabilité de ses actions sur les autres … En contrepartie, du point de vue du regard critique sur la société, reconnaître que la chance peut jouer un rôle dans la réussite ou l’échec d’un individu et accepter de vivre avec cette injustice».

    Je ne saisi pas bien ici. Tu parles de responsabilité individuelle totale, mais l’anarcho-socialisme ne préconise-t-il pas un regroupement collectif local, comme les expériences anarcho-syndicalistes en Argentine ? Dans ces coopératives de travailleurs, tous son égaux, un ouvrier, un vote, et chacun gagne souvent le même salaire que les autres indépendamment de sa fonction.

    Il ne faut pas toujours se fier sur l’État, d’accord, mais il faut tout de même d’autres structures sociales de cohésion et d’aplanissement des inéquités.

    « Il faut comprendre que l’état de crise permanent sert les intérêts de l’État et que c’est normal qu’il en soit ainsi »

    Bien là, ce n’est pas le cas aux États-unis. L’industrie militaire et de la sécurité privée profitent grandement aux entreprises, pas à l’État qu’on a au contraire dégraissé pour financer le privé.

    « Les gens peuvent donc se droguer, se prostituer, se branler, aimer les fantasmes sado-masochistes, participer à des partouzes, être homosexuel, être bisexuel, fumer dans un bar, ne pas attacher sa ceinture d’insécurité, ne pas porter de casque d’insécurité à moto ou à vélo, verser 60% de son salaire à son Église, manger de la malbouffe riche en gras trans et vénérer Maurice G. Dantec sans aucune intervention policière violente. »

    Non, tout ne doit pas être permis si cela entrave les droits et libertés des autres. Tant qu’à ça, on devrait éliminer les limites de vitesse sur les routes car chacun aurait le droit de rouler à la vitesse qui lui chante.

    « La liberté individuelle n’est qu’une mince consolation en l’absence de la liberté pour tous. »

    Exact. La liberté n’est que théorique, mais dans les faits, elle est plus économique que politique. Nous vivons actuellement dans une ploutocratie. Certes, la constitution stipule l’égalité de tous, mais dans la pratique, les riches ont beaucoup plus de marge de manœuvre qu’un employé moyen à 35 000$ par année. Sans compter leur influence politique.

  10. Et je veux ajouter: comment assurer une liberté réelle (c’est-à-dire économique et politique)sans un contrepoids social?

    Je ne parle pas nécessairement de l’État. Une économie coopérative composée d’associations de travailleurs sous forme de gestion coopérative d’entreprises ferait tout autant l’affaire. Les inégalités seraient beaucoup moins prononcées qu’aujourd’hui.

  11. “Renart a dit: Je crois que l’État est encore un mal nécessaire et qu’il ne pourra que disparaître au moment où la population sera assez responsable pour s’organiser sans.

    David a dit: Absolument, voilà pourquoi l’anarcho-pragmatisme propose une approche progressive. Mais ne pas oublier que le capitalisme est aussi un mal nécessaire pour le moment!”

    C’est là que je décroche de vos aspirations philosophiques… Pour moi, le regroupement (ou l’organisation) des citoyens c’est l’état. Le problème aujourd’hui, c’est que l’état est sous le contrôle des forces économiques. Il s’agit de militer un tant sois peu dans un parti politique traditionnel (Libéral, Conservateur, PQ) pour s’apercevoir que les gens d’affaires sont beaucoup plus puissants que les citoyens ordinaires et les syndicats au sein de ces organisations. Ce que je prône, c’est l’implication citoyenne au sein de l’appareil gouvernemental. Je ne crois pas que l’individualisme et la dérèglementation à outrance amènera le bonheur au peuple.

    Prenons un exemple, celui de l’éducation. La première loi qui touche ce sujet, c’est l’obligation d’aller à l’école jusqu’à l’âge de 16 ans. Alors, vous êtes pour ou contre cette directive? La deuxième loi, c’est celle qui encadre le programme scolaire, faisant en sorte que tous les enfants reçoivent la même éducation et sont évalués sur les mêmes critères. Évidemment, les récentes réactions sur la réforme scolaire démontrent que la population ne s’entend pas sur les méthodes et les contenus. Mais sommes-nous pour ou contre l’approche qui stipule que TOUS les enfants doivent acquérir la même base pédagogique, ou préfère-t-on privilégier les plus doués et les mieux nantis? Appuyons-nous les arguments de Martin Masse (voir son dernier billet) qui prône la séparation des enfants selon leur capacité d’apprendre ou désirons nous une approche solidaire où les connaissances et l’ambition sont partagées, ce qui fait en sorte que les plus doués inspirent ceux qui ont plus de difficultés? Voulons-nous vraiment imposer une séparation entre forts et faibles à nos enfants? N’est-ce pas là le début du « brainwash » capitaliste, où les parents compétitionnent entre eux en espérant que leur rejeton soit le meilleur, accède à la meilleure école privée (religieuse en plus, gang d’hypocrites!) et porte les plus beaux vêtements griffés afin d’exposer sa supériorité…

    Vient ensuite le financement du système scolaire. On fait quoi? On privatise tout et on donne le choix aux parents? La classe moyenne aisée et les plus fortunés pourront donc envoyer leurs enfants dans les meilleures écoles. Mais ce n’est pas retourner 50 ans en arrière ça? Mon père aurait voulu devenir avocat. Cela a été impossible pour lui car sa famille n’en avait pas les moyens. Aujourd’hui, notre modèle facilite l’accès aux études supérieures grâce à l’approche interventionniste étatique.

    Oui au respect des libertés individuelles. Mais ça prend des structures pour permettre l’épanouissement des individus. Ce que je prône c’est le contrôle citoyen sur les services publics (éducation, santé, services essentiels) et une économie mixte, permettant aux entreprises privées et aux sociétés d’état de coexister et d’assurer une vie décente pour les citoyens.

    Je suis moins borné que tu le crois. Je ne suis pas un communiste qui prône l’abolition de la propriété privée, loin de moi cette idée. J’adhère cependant à cette notion démocratique qui veut que l’état appartient aux citoyens. Nous devons en reprendre le contrôle et le protéger contre les ambitions démesurées de certains affairistes qui ne cherchent qu’à augmenter leur richesse personnelle et celle de quelques amis privilégiés. Je défenderai toujours la propriété collective des écoles, de notre système de santé, d’Hydro-Québec, de la SAQ et autres bijoux de notre patrimoine.

    C’est un peu ça le pragmatisme, ce qu’on peut faire aujourd’hui et à court terme. Mais, encore une fois, j’adhère à plusieurs des principes philosophiques que tu énumères mais je ramène ça dans le pratico-pratique. Oui aux idées philosophiques-politiques, mais je préfère me battre contre les forces d’aujourd’hui: la droite économique, la droite religieuse, l’égoisme démesuré, la corruption, la destruction de nos ressources, etc, etc…

  12. Wow!

    Ça c’était intéressant! J’en apprends beaucoup!

    Je comprends également pourquoi je ne m’entendais pas très bien avec les anarcho-socialistes, ou anarcho-communistes, tout dépendant à qui l’on s’adresse!

    On a plusieurs points en commun, disons que je suis moitié moitié…

    Je suis encore attachée à l’État mais jamais l’État ne doit être vu comme la cause de tous les maux, il faut se responsabiliser plus comme citoyens.

  13. Noisette,

    « Je suis encore attachée à l’État mais jamais l’État ne doit être vu comme la cause de tous les maux, il faut se responsabiliser plus comme citoyens. »

    très bon point ça!

    Il reste à savoir : l’État, le gouvernement sera la marionnette de qui!

  14. Encore une pluie de commentaires, ça commence bien! Merci à tous!

    @Renart

    Mais quand on parle du phénomène du tabac, il ne faut pas oublier qu’objectivement il a été imposé par l’État et les industries.

    Dans les faits, le tabac n’a pas été vraiment « imposé » par l’État et les compagnies: il a été « permis » par ceux-ci. Personne n’est obligé de fumer.

    Bémol important cependant, comment se fait-il que certaines cigarettes amérindiennes, souvent moins nocives que le coktail chimique au goudron des grandes corporations cigarettières, ne se retrouvent qu’en contrebande et non pas sur le marché normal? Gageons que l’État au service des lobbyistes du tabac a quelque chose à avoir avec cela! Rappelez-vous que les oligopoles et les monopoles, même privés, sont toujours des créatures de l’État.

    N’importe qui, à la base, doit se faire violence pour aimer la cigarette…

    Bien sûr, mais tout le monde sait que les cigarettes sont nocives.

    l’État, le gouvernement sera la marionnette de qui!

    Mais l’État est DÉJÀ une marionnette des lobbys corporatistes, des financiers, du complexe militaro-industrirel, des groupes de pression et des centrales syndicales. Et plus l’État est gros, pire c’est et plus les CONtribuables se font voler au profit de ces manipulateur de la marionnette étatiste!

    Par contre, le fait que l’État soit devenu une marionnette ne doit pas lui enlever sa propre responsabilité dans ce gâchis.

    @Arnold S.

    En tout cas, avouons que les premières années d’une société anarcho-socialiste ou -capitaliste se passeraient dans le party le plus absolu, un Rave permanent!

    En effet, mais cette situation sera moins pire en adoptant l’approche progressive de l’anarcho-pragmatisme.

    Pour le reste je suis entièrement d’accord avec votre dernier commentaire.

    @Jimmy

    Excellents commentaires qui m’ont forcé à ajouter des précisions dans mon billet! Merci!

    Je ne saisis pas bien ici. Tu parles de responsabilité individuelle totale, mais l’anarcho-socialisme ne préconise-t-il pas un regroupement collectif local, comme les expériences anarcho-syndicalistes en Argentine ? Dans ces coopératives de travailleurs, tous son égaux, un ouvrier, un vote, et chacun gagne souvent le même salaire que les autres indépendamment de sa fonction.

    Va voir ma note que j’ai ajoutée à ce sujet après l’attitude 2. L’anarcho-pragmatisme n’a aucun problème avec les regroupements collectifs locaux ni avec l’organisation d’organismes d’économie participative et son principe du « 1 ouvrier, 1 vote ».

    Par contre, je vous expliquerai plus tard pourquoi l’égalité totale des salaires n’a aucun sens (tout en défendant le droit à la vie), sauf si cela est convenu de façon volontaire à l’intérieur d’une organisation en particulier.

    Il ne faut pas toujours se fier sur l’État, d’accord, mais il faut tout de même d’autres structures sociales de cohésion et d’aplanissement des inéquités.

    En autant que cette cohésion sociale soit volontaire ou au pire dans un État le plus décentralisé possible. De plus, il est hors de question d’exiger le démantèlement immédiat des services publics essentiels.

    Bien là, ce n’est pas le cas aux États-unis. L’industrie militaire et de la sécurité privée profitent grandement aux entreprises, pas à l’État qu’on a au contraire dégraissé pour financer le privé.

    Il y a une différence entre dégraisser les programmes sociaux et dégraisser l’État. Toi, tu parles du dégraissage des programmes sociaux. Le régime Bush a dégraissé les programmes sociaux (sauf l’assurance-santé Medicare pour les retraités) pour enrichir les corporations et la drouate religieuse mais il a fait grossir l’État contrairement au régime Clinton qui était beaucoup plus frugal. Le « big liberal government » est un mythe, les néo-conservateurs sont encore pires!

    « Non, tout ne doit pas être permis si cela entrave les droits et libertés des autres. »

    C’est absolument ce que je dis! Va relire l’explication de l’attitude 5, j’ai ajouté un petit quelque chose!

    La suite plus tard…

  15. @Jimmy

    Et je veux ajouter: comment assurer une liberté réelle (c’est-à-dire économique et politique)sans un contrepoids social?

    Je ne parle pas nécessairement de l’État. Une économie coopérative composée d’associations de travailleurs sous forme de gestion coopérative d’entreprises ferait tout autant l’affaire. Les inégalités seraient beaucoup moins prononcées qu’aujourd’hui.

    Tout à fait d’accord. Il n’est pas question d’un intégrisme économique ici!

    @lutopium

    Ne t’en fais pas, j’avais compris. Tu peux te contenter des guillemets si tu veux.

    Pour moi, le regroupement (ou l’organisation) des citoyens c’est l’état. Le problème aujourd’hui, c’est que l’état est sous le contrôle des forces économiques. Il s’agit de militer un tant sois peu dans un parti politique traditionnel (Libéral, Conservateur, PQ) pour s’apercevoir que les gens d’affaires sont beaucoup plus puissants que les citoyens ordinaires et les syndicats au sein de ces organisations.

    Bien sûr, mais tu proposes un État encore plus gros qui aggravera la situation.

    Ce que je prône, c’est l’implication citoyenne au sein de l’appareil gouvernemental.

    Aucun problème mais pas pour grossir l’État encore plus! Pour tenter de le réduire ou à tout le moins pour exiger que l’État utilise les fonds volés aux CONtribuables d’une meilleure façon, d’accord.

    Je ne crois pas que l’individualisme et la dérèglementation à outrance amènera le bonheur au peuple.

    Pour l’individualisme, je suis d’accord mais un peu de dérèglementation ferait déjà beaucoup de bien!

    La première loi qui touche ce sujet, c’est l’obligation d’aller à l’école jusqu’à l’âge de 16 ans. Alors, vous êtes pour ou contre cette directive? La deuxième loi, c’est celle qui encadre le programme scolaire, faisant en sorte que tous les enfants reçoivent la même éducation et sont évalués sur les mêmes critères.

    Fondamentalement, l’anarcho-pragmatisme est contre ces lois parce que, en général, ce sont les parents et l’entourage immédiat des enfants qui sont les mieux placés pour savoir comment éduquer leurs enfants. Ceci dit, contrairement aux libertariens, l’anarcho-pragmatisme n’a aucun problème avec l’accessibilité à l’école pour tous mais il faut mettre fin au monopole de l’État!

    Par contre, le pragmatisme fait en sorte qu’il faut reconnaître que ces lois ne peuvent être abolis immédiatement dans le contexte étatiste actuel. Mais il faudrait à tout le moins mettre fin au monopole étatique qui nuit à la qualité de l’instruction reçue par les enfants.

    Évidemment, les récentes réactions sur la réforme scolaire démontrent que la population ne s’entend pas sur les méthodes et les contenus.

    Et cette entente ne surviendra jamais, car l’État l’impose.

    Mais sommes-nous pour ou contre l’approche qui stipule que TOUS les enfants doivent acquérir la même base pédagogique, ou préfère-t-on privilégier les plus doués et les mieux nantis? Appuyons-nous les arguments de Martin Masse (voir son dernier billet) qui prône la séparation des enfants selon leur capacité d’apprendre ou désirons nous une approche solidaire où les connaissances et l’ambition sont partagées, ce qui fait en sorte que les plus doués inspirent ceux qui ont plus de difficultés? Voulons-nous vraiment imposer une séparation entre forts et faibles à nos enfants?

    L’anarcho-pragmatisme prétend que c’est aux parents et à l’entourage immédiat de décider. Je vous renvoie la question: êtes-vous pour ou contre le fait de laisser le choix aux parents? Probablement que vous êtes contre!

    N’est-ce pas là le début du “brainwash” capitaliste, où les parents compétitionnent entre eux en espérant que leur rejeton soit le meilleur, accède à la meilleure école privée (religieuse en plus, gang d’hypocrites!) et porte les plus beaux vêtements griffés afin d’exposer sa supériorité…

    C’est bien beau tout cela mais l’embrigadement étatique, tu en fais quoi?

    Vient ensuite le financement du système scolaire. On fait quoi? On privatise tout et on donne le choix aux parents?

    Il ne faut pas tout privatiser immédiatement. Conservons, pour le moment, un système d’instruction publique où les enfants pourront aller à l’école sans ruiner les parents et améliorons-le en le plaçant en CONCURRENCE avec des écoles TOTALEMENT privées NON SUBVENTIONNÉS comme les Écoles Vision et voyons ce que cela donne!

    La classe moyenne aisée et les plus fortunés pourront donc envoyer leurs enfants dans les meilleures écoles.

    La classe moyenne aisée, les plus fortunés, ET LES PARENTS DES MEILLEURS ÉTUDIANTS pourront donc envoyer leurs enfants dans les meilleures écoles.

    Dois-je vous revenir encore avec la gratuité de plus en plus présente pour la classe moyenne dans les universités américaines? Pensez-vous que les meilleures institutions seraient assez CAVES pour refuser l’accès aux meilleurs étudiants?

    Mais ce n’est pas retourner 50 ans en arrière ça? Mon père aurait voulu devenir avocat. Cela a été impossible pour lui car sa famille n’en avait pas les moyens.

    Il s’agissait d’un contexte fort différent du contexte moderne, avec une pauvreté rurale francophone abjecte et les religions qui contrôlaient l’État et qui gardaient VOLONTAIREMENT les gens dans l’ignorance. Le but n’est surtout pas de revenir à ce contexte hideux. Mais au moins, je comprends mieux vos motivations personnelles.

    J’adhère cependant à cette notion démocratique qui veut que l’état appartient aux citoyens. Nous devons en reprendre le contrôle et le protéger contre les ambitions démesurées de certains affairistes qui ne cherchent qu’à augmenter leur richesse personnelle et celle de quelques amis privilégiés.

    Le problème, c’est que plus l’État grossit, plus cette situation perdure!

    Je défenderai toujours la propriété collective des écoles, de notre système de santé, d’Hydro-Québec, de la SAQ et autres bijoux de notre patrimoine.

    Ne me parlez pas de la SAQ et de Loto-Québec, bordel de merde!

    Mais, encore une fois, j’adhère à plusieurs des principes philosophiques que tu énumères mais je ramène ça dans le pratico-pratique. Oui aux idées philosophiques-politiques, mais je préfère me battre contre les forces d’aujourd’hui: la droite économique, la droite religieuse, l’égoisme démesuré, la corruption, la destruction de nos ressources, etc, etc…

    Là au moins, tu termines très bien ton commentaire. Nous livrons quasiment la même bataille! De plus, je te rappelle que la quasi-totalité des problèmes (à part une petite partie de ce que tu appelles la « drouate économique ») que tu évoques sont CAUSÉS en premier lieu par l’État!

  16. Oups, faudrait pas que je t’oublie, Noisette!

    Merci pour ton commentaire!

    Je comprends également pourquoi je ne m’entendais pas très bien avec les anarcho-socialistes, ou anarcho-communistes, tout dépendant à qui l’on s’adresse!

    Des gens comme toi, il y en a plein et malheureusement ils deviennent des étatistes par défaut ou par dépit.

    On a plusieurs points en commun, disons que je suis moitié moitié…

    En quoi consiste ces moitiés?

    Je suis encore attachée à l’État mais jamais l’État ne doit être vu comme la cause de tous les maux, il faut se responsabiliser plus comme citoyens.

    Excellent point!

  17. Pour être vraiment clair avec mon histoire de cigarette, c’est qu’il est clair que sans les effets d’entrainements d’antan, tant au niveau social (de la mode d’avoir l’air cool en fumant), qu’au niveau de la pub, et bien sûr l’importance de payer avec les taxes que l’industrie du tabac rapporte, personne ne fumerait. J’y vois une grosse différence avec l’alcool par exemple : il faut s’habituer au goût, il y a un effet agréable et ça ne donne pas automatiquement le goût de vomir comme la cigarette donne le goût de tousser et étourdit désagréablement…

    Alors quand tu dis que « Personne n’est obligé de fumer », ça sonne drôle… À l’époque où j’ai commencé à fumer je crois qu’il était plus facile de fumer que de ne pas fumer : je considère qu’il y avait vraiment une conspiration pour nous faire fumer, et qui est terminée, quelle coïncidence, depuis que le stade est payé… Et le gros mouvement antitabac des dernières années a commencé exactement après la fin de ce paiement.

    Si on parle de liberté, je me demande où elle se trouve dans ce cas-là. Si on me manipule pour que je consomme quelque chose qui s’avère nocif, il me semble que de l’interdire partout est la bonne chose à prescrire. Sinon, aussi bien oublier tout de suite l’histoire et refaire toujours les mêmes erreurs comme des caves.

    Tiens, nous savons que l’industrie nous inonde de produits chimiques, qui s’avèrent être nocifs, est-ce qu’on va privilégier une interdiction de ces pratiques (avec l’aide de réglementation étatique) ou on va se dire que la liberté des entreprises est plus importante que le droit des citoyens de consommer des produits qui ne risquent pas de les tuer à long terme? (J’aurais presque le goût de faire entrer la malbouffe là-dedans…)

  18. Renart,

    Ce que tu proposes c’est la prohibition étatiste et la répression policière au même titre que celle des drogues et qui est à l’origine de la majorité de la criminalité en cours aujourd’hui. Pourquoi ne pas abolir l’alcool et les paris tant qu’à y être? Déjà, avec tous les problèmes que causent le crime organisé, les motards, la mafia et les gangs de rues, et qui sont engendrés par la guerre aux drogues, imaginez si ces bandits s’accaparent de la malbouffe, de la cigarette, de l’alcool et des paris, la criminalité va monter en flèche. Je décâlisse du Québec si tel était le cas, car cela serait encore pire que la guerre civile en cours aux États-Unis.

    De plus, lorsque cela ne porte pas préjudice à autrui ou que le consentement est volontaire, la liberté de disposer de son corps comme la personne l’entend est une liberté anarcho-pragmatiste (et même anarchiste en général) fondamentale et il est inacceptable que l’État nie ce droit par sa violence. Va voir l’attitude 5: être tolérant et accepter la diversité.

    Personne ne force qui que ce soit à fumer ni à bouffer de la marde riche en gras trans dans un resto-malbouffe!

  19. Bah… on va laisser faire là-dessus, tu ne comprends visiblement pas, je l’expliquerai bien mieux et plus amplement un jour…

  20. Très intéressant. Jusqu’ici, il y a beaucoup en commun avec la philosophie libertarienne. J’ai hâte de te voir élaborer sur le coté socialiste, David. Je serai curieux de voir ton point de vue là-dessus. C’est probablement là que nous verrons la différence entre toi et Martin Masse.

    Je suis content de constater que tu ne souscris pas aux concept égalitaires de beaucoup de socialistes, en particulier en de qui a trait aux salaires. À mon sens, une société qui n’a pas d’incitatifs monétaires est vouée à la stagnation.

    @ Noisette

    Je suis encore attachée à l’État mais jamais l’État ne doit être vu comme la cause de tous les maux, il faut se responsabiliser plus comme citoyens.

    Bon point, mais à l’inverse j’ajouterais aussi qu’il ne faut surtout pas considérer l’état comme le remède à tous les maux.

  21. @ Renart

    Si on parle de liberté, je me demande où elle se trouve dans ce cas-là. Si on me manipule pour que je consomme quelque chose qui s’avère nocif, il me semble que de l’interdire partout est la bonne chose à prescrire. Sinon, aussi bien oublier tout de suite l’histoire et refaire toujours les mêmes erreurs comme des caves.

    Tiens, nous savons que l’industrie nous inonde de produits chimiques, qui s’avèrent être nocifs, est-ce qu’on va privilégier une interdiction de ces pratiques (avec l’aide de réglementation étatique) ou on va se dire que la liberté des entreprises est plus importante que le droit des citoyens de consommer des produits qui ne risquent pas de les tuer à long terme? (J’aurais presque le goût de faire entrer la malbouffe là-dedans…)

    J’ai fait quelque peu de soul searching là-dessus dernièrement et je me range du coté de David. En principe, même s’il existe des pressions sociétaires ou publicitaires pour fumer ou ne pas fumer, c’est ultimement la responsabilité de l’individu de décider de consommer du tabac. J’ai commencé à fumer à l’âge de 12 ans, justement parce qu’à l’époque (1974), c’était « cool » de fumer. En rétrospective, ce fût une des pires décisions de ma vie et je ne blâme que ma jeunesse et mon innocence d’avoir commencé, aussi ai-je pris la décision de cesser de fumer à 28 ans. J’ai toujours été conscient que cette habitude était nocive. J’ai fumé en pleine connaissance de cause. Je défend aussi mon choix de ne plus respirer de fumée de tabac, sauf que j’ai commencé à réaliser qu’il n’est pas évident d’imposer ce choix aux autres. Puisque les non-fumeurs sont majoritaires, nous avons le pouvoir de bouder les établissements qui permettent aux autres de fumer et favoriser ceux qui l’interdisent. Aux propriétaires de ces établissement de décider quelle clientèle ils veulent servir, sans coercition de l’état.

    Quant à l’industrie qui nous inonde de produits chimiques nocifs, il t’appatient de ne pas acheter leurs produits et de favoriser ceux qui ne contiennent pas de produits toxiques. Ceux qui ne fabriquent pas de bons produits devront un jour se corriger ou faire faillite. Là où des gens réclameront des biens non-toxiques, il se trouvera quelqu’un pour leur en vendre. Si ton prochain veut bouffer du McDo, il n’y a que lui pour en décider, mais rien ne te force de l’imiter.

    Dans un vrai marché libre, le consommateur est le véritable roi. Il est libre de consommer (ou pas) selon ses besoins et sa consscience.

  22. Si on me manipule pour que je consomme quelque chose qui s’avère nocif, il me semble que de l’interdire partout est la bonne chose à prescrire.

    Renart, qu’est-ce je n’ai pas compris dans cette phrase? C’est la seule chose que j’ai peut-être mal comprise dans ton commentaire précédent.

  23. @Renart et Philippe

    À votre décharge, les effets nocifs étaient beaucoup moins connus dans les années 70 et 80 que présentement, ce qui amoindrit votre responsabilité.

    Mais aujourd’hui, il n’y a plus d’excuses!

  24. À votre décharge, les effets nocifs étaient beaucoup moins connus dans les années 70 et 80 que présentement, ce qui amoindrit votre responsabilité.

    Quand j’ai commencé à fumer, les avertissements sur les effets nocifs du tabac sur les paquets de cigarettes n’étaient pas aussi explicites qu’aujourd’hui, mais ils existaient tout de même. Je connaissait même les taux de goudron et de nicotine de ma marque préférée par coeur (18 mg de goudron et 1.2 mg de nicotine, si ma mémoire est bonne). J’ai arrêté quand ma raison à finalement pris le dessus sur mon addiction.

  25. Tuer à long ou à petit feu ça reste tuer.

    Je respire des produits dans l’air, sans pouvoir décider si oui ou si non je veux les respirer (vous me direz que je peux porter un masque à gaz!), que les industries rejettent et qui, c’est prouvé, peuvent me rendre malade et me tuer à long terme.

    Pourquoi l’interdiction de tuer serait seulement au niveau du meurtre rapide?

  26. Alors, je crois qu’il faudrait revoir plus en détail qu’est-ce que signifie : « en autant que cela ne porte pas préjudice à autrui »…

  27. Et, pour la cigarette, je suis tout à fait content de la coercition étatique, je ne fume plus grâce à ça!

    Je suis encore capable de voir du bon dans les décisions de l’État, ça c’est pragmatique!

  28. @Renart

    je crois qu’il faudrait revoir plus en détail qu’est-ce que signifie : “en autant que cela ne porte pas préjudice à autrui”…

    Bon point! J’ai décidé de modifier mon billet et maintenant je dis: « en autant que cela ne porte pas préjudice à autrui ou à sa possession (pas dans le sens de “propriété”) sans son consentement. » pour être plus précis.

  29. @Renart

    Je respire des produits dans l’air, sans pouvoir décider si oui ou si non je veux les respirer (vous me direz que je peux porter un masque à gaz!), que les industries rejettent et qui, c’est prouvé, peuvent me rendre malade et me tuer à long terme.

    Bon point! Vous avez tout à fait raison! Voilà ce qui arrive quand l’État prend possession de vos poumons, ce qui n’a rien à voir avec la cigarette ni la malbouffe puisqu’il s’agit d’une décision individuelle volontaire.

    Un jour, je vous expliquerai pourquoi l’État est le pollueur par excellence.

    Et, pour la cigarette, je suis tout à fait content de la coercition étatique, je ne fume plus grâce à ça!

    L’État t’a seulement forcé à cesser de fumer dans les bars, le reste c’est TA PROPRE décision.

    Je suis encore capable de voir du bon dans les décisions de l’État, ça c’est pragmatique!

    Effectivement, il peut arriver que de voir du bon dans les décisions de l’État soit un comportement anarcho-pragmatiste lorsque cette décision représente un progrès vers l’anarcho-pragmatisme (ou au pire une non-régression). Cependant, dans ce cas précis, c’est la liberté de disposer de son propre corps (voir attitude 5), une liberté anarcho-pragmatiste fondamentale, qui est violée par l’État. Peut-être est-ce une décision étatiste pragmatique mais certainement pas anarcho-pragmatiste!

  30. @Philippe David

    Tout de même, culturellement parlant, les effets nocifs étaient moins reconnus à votre époque, d’autant plus que vous avez commencé à DOUZE ANS (donc impossibilité de consentement réel à ce moment-là de votre part puisque vous étiez un adolescent, donc préjudice réel et non volontaire pour vous). Soyez un peu indulgent tout en reconnaissant votre responsabilité pour ce qui s’est produit à l’âge adulte. Bravo à vous et à Renart pour avoir cessé de fumer!

    Très intéressant. Jusqu’ici, il y a beaucoup en commun avec la philosophie libertarienne. J’ai hâte de te voir élaborer sur le coté socialiste, David. Je serai curieux de voir ton point de vue là-dessus. C’est probablement là que nous verrons la différence entre toi et Martin Masse.

    Ça viendra bien. Déjà, mon billet suivant apporte plus de précision sur la question. Mais à part la question du droit de vivre vs le principe de non-agression (qui est une différence fondamentale), il n’y a aucune autre différence idéologique notable.

    Je suis content de constater que tu ne souscris pas aux concept égalitaires de beaucoup de socialistes, en particulier en de qui a trait aux salaires. À mon sens, une société qui n’a pas d’incitatifs monétaires est vouée à la stagnation.

    Petit bémol, je n’ai aucun problème avec l’égalité des « salaires » si cela est convenu de façon volontaire à l’intérieur d’une organisation en particulier. Un exemple: Harmonium! Mais cette égalité ne pourra pas exister pour tous sans intervention de l’État, c’est économiquement impossible!

    Par contre, il faudra que le « salaire » en question puisse permettre au travailleur de vivre convenablement, ou qu’une aide extérieure vienne combler le manque, pour respecter de le droit de vivre.

    En ce qui concerne la monnaie, on ne parle pas du même type de monnaie, contrôlée par l’État et sans contrepartie tangible, avec ses réserves fractionnaires, telle qu’on la connaît présentement. De plus, le troc existera toujours!

  31. Aux propriétaires de ces établissements de décider quelle clientèle ils veulent servir, sans coercition de l’état.

    Tiens, tiens, Philippe, vous avez changé d’idée dernièrement concernant les fumeurs dans les bars pour adultes. Je suis tout à fait d’accord avec vous! Bravo!

  32. « Aux propriétaires de ces établissements de décider quelle clientèle ils veulent servir, sans coercition de l’état. »

    Avec cette histoire-là, on sait bien ce qui va se passer, puisque les propriétaires savent bien que leur clientèle est gagnée d’avance, ils vont pratiquement tous choisir de permettre la cigarette : il est clair que la clientèle de bar fume beaucoup, donc les bars de fumeur vont plus marcher que les bars non-fumeurs, et les non-fumeurs vont se réhabituer dans les bars de fumeurs (parce que le monde attire le monde) et vlan, fumée secondaire pour tout le monde dans les bars, et les employés! (Vous me direz : ils n’ont qu’à travailler ailleurs, ben oui! c’est ça!)

    Mais, si je suis votre logique, pourquoi vouloir revenir en arrière seulement pour les bars? Fumons dans le métro, au cinéma, dans les hôpitaux, dans les restaurants, etc., name it! Pourquoi interdire dans ces lieux publics si l’argument pour les bars ne tient qu’à une conception tronquée de l’idée de ne pas porter préjudice à autrui?

    Et on ne parle même pas de l’addiction physique et psychologique extrêmement forte qui amoindrit pas mal la teneur et le poids de LA décision (pour ma part, ça m’a bien pris presque dix ans à m’en sortir, j’en connais que ça fait encore plus longtemps et qui y sont encore pris! Et qui réussissent même à se convaincre que la cigarette est une bonne chose…). Rendu là, je crois qu’on ne parle plus d’idéologie, mais de la réalité du problème, et qui remonte à loin. Il faudrait pouvoir remettre les pendules à zéro pour que je puisse accepter le problème de la cigarette comme étant un simple choix à prendre et à laisser prendre.

  33. David: je n’ai jamais dit qu’il fallait « grossir » la machine étatique. Loin de moi cette idée. SVP ne pas inclure Loto-Québec dans mes exemples. Je refuse d’acheter des billets de loterie et ne vais jamais au casino. S’il n’en tenait qu’à moi, je fermerais ça cette connerie là.

    L’appareil gouvernemental pourrait être plus efficace, j’en convient. Des paresseux et des bureaucrates qui s’enfargent dans la paperasse, il y en a partout. On ne critique jamais la bureaucratie des entreprises privées (banques, assurances, télécommunications, etc…) mais on tape toujours sur les fonctionnaires et les cols bleus. Je travaille dans une des plus grosses entreprises canadiennes et nous ne sommes pas l’exemple d’efficacité! Mais la compagnie fait plein de profits et enrichit les actionnaires, alors Dieu soit loué!

  34. @DavidG,
    J’ai lu votre billet et je lirai votre second un peu plus tard dans la journée. Je préfère ne pas me prononcé immédiatement sur votre projet d’anarcho-pragmatisme puisqu’il y a certains point ou je suis plus ou moins d’accord avec. Bref, je vais attendre que ceux-ci ce précise d’eux-même dans un futur proche et je vous ferai part de mon commentaire ainsi que de ma vision.

    @Renart,
    concernant la cigarette, le premier monopole du tabac se créa dans le 17ième siècle. La première interdiction de fumer fût en France… en 1719. Déjà, à cette époque, ils avaient des doutes sur ces effets nocifs. En 1809, un chimiste confirma, scientifiquement, les effets nocifs causé par une substance inconnue dans les feuilles de tabac que nous appellerons, plus tard, nicotine. La cigarette reçu un léger élan de popularité durant la première guerre mondiale, alors que les compagnies de tabac distribuait des cigarettes, gratuitement, aux soldats pour les tenirs occupé dans les tranchées. Ce n’est qu’àprès la deuxième guerre mondiale, avec l’arrivée des cigarettes filtres et la publicité massive que ce produit commença à prendre l’ampleur d’aujourd’hui…

  35. @Renart

    Avec cette histoire-là, on sait bien ce qui va se passer, puisque les propriétaires savent bien que leur clientèle est gagnée d’avance, ils vont pratiquement tous choisir de permettre la cigarette : il est clair que la clientèle de bar fume beaucoup, donc les bars de fumeur vont plus marcher que les bars non-fumeurs, et les non-fumeurs vont se réhabituer dans les bars de fumeurs (parce que le monde attire le monde) et vlan, fumée secondaire pour tout le monde dans les bars, et les employés! (Vous me direz : ils n’ont qu’à travailler ailleurs, ben oui! c’est ça!)

    Et alors? Pourquoi les non-fumeurs ne créeraient pas leurs propres bars non-fumeurs? Rien ne les empêche. Retourne voir l’attitude 5: être tolérant et accepter la diversité.

    Et en ce qui concerne les employés, oui, ils n’ont qu’à travailler ailleurs! Personne ne les force à y travailler!

    Mais, si je suis votre logique, pourquoi vouloir revenir en arrière seulement pour les bars? Fumons dans le métro, au cinéma, dans les hôpitaux, dans les restaurants, etc., name it!

    Holà! On ne parle pas de la même chose! Dans le contexte actuel, le métro et les hôpitaux sont des endroits PUBLICS, contrairement à un bar qui est un endroit PRIVÉ, et c’est la prérogative de l’État de décider d’interdire la cigarette dans SES PROPRES INSTITUTIONS, et je suis tout à fait d’accord avec cette décision. Loin de moi l’idée de demander à l’État de permettre la cigarette dans SES PROPRES INSTITUTIONS, ce serait complètement à l’encontre de l’anarcho-pragmatisme.

    Et en ce qui concerne les restaurants et les cinémas, contrairement aux bars, DES MINEURS (qui ne peuvent donner un véritable CONSENTEMENT) Y SONT ADMIS. Donc, il y a un certain préjudice (à moins que la fumée secondaire ne soit pas aussi nocive que l’on prétend?) chez les mineurs qui doivent endurer la fumée secondaire des adultes dans ces endroits-là. Ce n’est donc pas le même contexte que dans les bars POUR ADULTES.

    On peut discuter de la pertinence ou non d’interdire la cigarette dans les restaurants et les cinémas, mais de toute façon, la quasi-totalité des restaurants sans bars et des cinémas avaient décidé VOLONTAIREMENT d’interdire la cigarette dans leurs propres établissements AVANT même la promulgation de cette loi liberticide et d’aucune façon les restaurants et les cinémas n’ont intérêt à admettre des fumeurs dans leurs établissements. Et s’il fallait qu’un cinéma ou un resturant sans bar soit assez CAVE pour y admettre des fumeurs, je les dénoncerais avec véhémence et j’en appelerais au boycott!

    Pourquoi interdire dans ces lieux publics si l’argument pour les bars ne tient qu’à une conception tronquée de l’idée de ne pas porter préjudice à autrui?

    Va relire l’attitude 5. J’ai dit (regarde bien les caractères gras!):

    Pour tout anarcho-pragmatiste, tout est acceptable en autant que cela ne porte pas préjudice à autrui ou à sa possession (pas dans le sens de “propriété”) sans son consentement. Les gens peuvent disposer de leur corps à leur manière et se comporter entre eux comme ils le veulent dans la mesure où tout cela est volontaire.

    En quoi est-ce une conception tronquée du préjudice QUAND UN COMPORTEMENT NE CONCERNE QU’UN GROUPE D’ADULTES CONSENTANTS et ne cause préjudice à personne d’autre?

  36. @lutopium

    je n’ai jamais dit qu’il fallait “grossir” la machine étatique

    Vous me rassurez! C’est un pas dans la bonne direction.

    Je refuse d’acheter des billets de loterie et ne vais jamais au casino. S’il n’en tenait qu’à moi, je fermerais ça cette connerie là.

    Moi non plus, je n’achète jamais de billets de loterie ni ne vais au casino. Est-ce que tu interdirais les paris sur le territoire québécois? En quoi cela est si différent de la SAQ?

    On ne critique jamais la bureaucratie des entreprises privées (banques, assurances, télécommunications, etc…) mais on tape toujours sur les fonctionnaires et les cols bleus. Je travaille dans une des plus grosses entreprises canadiennes et nous ne sommes pas l’exemple d’efficacité! Mais la compagnie fait plein de profits et enrichit les actionnaires, alors Dieu soit loué!

    Tout à fait d’accord avec toi! Mais il y a un bémol important.

    Je ne veux pas faire la promotion du libre-marché à tout prix, mais je te rappelle que ces profits shylockiens et cette bureaucratie rampante dans les grandes corporations soi-disant privées sont causés en majeure partie par la réglementation étatique des corporations et du soi-disant marché financier, ce qui n’a pas beaucoup à voir avec ce qu’il se produirait dans un véritable libre-marché. L’anarcho-capitalisme serait certainement moins pire que la situation actuelle!

  37. @Felix

    Informations fort intéressantes concernant la cigarette. Bravo!

    Je préfère ne pas me prononcer immédiatement sur votre projet d’anarcho-pragmatisme puisqu’il y a certains point ou je suis plus ou moins d’accord avec.

    Avec quoi vous n’êtes pas d’accord?

    Bref, je vais attendre que ceux-ci ce précise d’eux-même dans un futur proche et je vous ferai part de mon commentaire ainsi que de ma vision.

    Bien sûr, il y a beaucoup d’autres précisions à y apporter. Tout de même, les questions sont les bienvenues!

  38. Encore moi… 😉

    Donc, si je comprend bien, un bar ne devrait pas interdire la cigarette mais l’état peut le faire dans ses propres institutions. Si la Société de Transport de Montréal privatise son réseau de transport en commun, comme le préconise votre charmant Insitut Économique de Montréal, devra-t-on construire des lignes de métro supplémentaires pour accomoder les fumeurs?

    Bon, on s’entend sur Loto-Québec. Pour ce qui est de la SAQ, j’attend toujours un argumentaire qui me convaincra que les consommateurs seraient mieux servis par une entreprise privée qu’elle l’est actuellement par la SAQ. Une étude a prouvé que la privatisation de la distribution d’alcool en Alberta a apporté les différences suivantes: augmentation des points de distribution et diminution des salaires de 50%. Rien d’autre. Une source de revenu pour l’état est devenu une source de profits pour quelques entrepreneurs en manque d’inspiration.

    Finalement, l’entreprise où je travaille actuellement a une énorme bureaucratie et ça n’a absolument rien à voir avec les règlementations étatiques. En fait, je dirais que c’est plutôt le contraire: nos complexités au niveau des produits et services compliquent la vie de plusieurs fonctionnaires! Incroyable comment vous pouvez blâmer l’état pour tout et pour rien.

  39. @Anarcho-Pragmatisme,
    À vrai dire, je ne suis pas d’accord avec la majorité des points. Mais comme ils sont développé de façon général, je préfère ne pas faire de jugement puisque, dépendamment de la fa^con dont vous allez les exploité, ils pourrons bien prendre une tournure plus que positive. Je n’ai pas le temps de demander plus de précision sur ceux-ci pour le moment puisque mon diner touche à sa fin, mais je prendrai le temps de le faire demain soir.

  40. @Lutopium

    Si la Société de Transport de Montréal privatise son réseau de transport en commun, comme le préconise votre charmant Insitut Économique de Montréal, devra-t-on construire des lignes de métro supplémentaires pour accomoder les fumeurs?

    Bien sûr que non, car il ne s’agit pas du même contexte:

    1) Contrairement à un bar pour ADULTES, des MINEURS sont admis.

    2) Ce n’est pas dans l’intérêt d’une compagnie d’autobus (ni pour la STM d’ailleurs) de ne pas interdire les fumeurs dans ses autobus.

    3) De toute façon, même s’il y a une telle privatisation, elle sera contrôlée par l’État qui imposera sa loi anti-fumeurs dans les autobus.

    4) La soi-disant « privatisation » que vous évoquez est en fait une « monopolisation privée », donc une situation que l’anarcho-pragmatisme juge irrecevable et qui est encore pire que la situation actuelle. Par contre, je suis ouvert à un peu de concurrence pour les services « de luxe ». Mais loin de moi l’idée de démanteler immédiatement les services publics de transport en commun, quand on sait fort bien que l’argent sera détourné de toute façon pour les fins de la drouate étatiste.

    En plus, ce n’est pas « mon charmant IEDM », c’est l’Institut ÉCONOMERDIQUE de Montréal. Un jour j’expliquerai pourquoi l’IEDM met de l’huile sur le feu de la drouate étatiste et en quoi il est un piège à cons pour les libertariens et de la bullshit pour l’anarcho-pragmatisme.

    Bon, on s’entend sur Loto-Québec.

    Je n’en suis pas si sûr! Réponds par OUI ou NON à mes deux questions et j’en discuterai. Est-ce que tu interdirais les paris sur le territoire québécois? En quoi cela est si différent de la SAQ?

    De mon côté, l’anarcho-pragmatisme souhaite le démantèlement de Loto-Québec mais pas la prohibition des paris.

    En ce qui concerne la SAQ, va voir mes commentaires sur UHEC à ce sujet. Tu verras que la soi-disant privatisation albertaine n’est pas une véritable privatisation.

    Finalement, l’entreprise où je travaille actuellement a une énorme bureaucratie et ça n’a absolument rien à voir avec les règlementations étatiques. En fait, je dirais que c’est plutôt le contraire: nos complexités au niveau des produits et services compliquent la vie de plusieurs fonctionnaires! Incroyable comment vous pouvez blâmer l’état pour tout et pour rien.

    Il faudra que je prenne le temps un jour d’expliquer certaines notions économiques (concernant le système financier, les corporations et la monnaie) pour que tu comprennes que ça n’a que très peu à y avoir avec ce qu’il se produirait dans un véritable libre-marché. Ceci dit, tant pis pour cette entreprise si elle est trop CAVE pour ne pas perdre des profits: les dirigeants sont en partie responsables!

  41. L’argument des mineurs ne m’émeut point. Je ne décroche pas du fait que la fumée de cigarette est toxique pour tous et que ça ne dépends pas de l’âge… Je verrais d’un meilleur oeil un bar où certaines personnes se piqueraient à l’héro : au moins les gens s’injectent leur drogue sans l’imposer aux autres.

    Mais il faudrait savoir si la population en général (même seulement la clientèle de bar) verrait positivement un retour de la cigarette dans les bars. Je gage que non.

  42. @Renart

    L’argument des mineurs ne m’émeut point. Je ne décroche pas du fait que la fumée de cigarette est toxique pour tous et que ça ne dépends pas de l’âge… Je verrais d’un meilleur oeil un bar où certaines personnes se piqueraient à l’héro : au moins les gens s’injectent leur drogue sans l’imposer aux autres.

    Au moins, il y a du progrès. L’argument de l’héro est intéressant parce qu’il élimine tout préjudice, volontaire ou pas. Par contre, en ce qui concerne la cigarette, le mineur ne peut pas exprimer un consentement VOLONTAIRE alors que l’adulte peut très bien le faire. Donc, le mineur subit réellement un préjudice NON CONSENTI et l’adulte subit un préjudice VOLONTAIRE, et d’après l’attitude 5, cela est acceptable et n’est pas véritablement un préjudice.

    Mais il faudrait savoir si la population en général (même seulement la clientèle de bar) verrait positivement un retour de la cigarette dans les bars. Je gage que non.

    Voilà une vision étatiste de la démocratie qui consiste en une tyrannie de la majorité: ce genre de démocratie est inadmissible pour l’anarcho-pragmatisme.

    En effet, dans mon billet, il est écrit:

    Dans de telles conditions, personne n’a le droit d’empêcher quiconque de vivre à sa façon s’il ne nuit à personne d’autre, même si la presque totalité de la population désapprouve son comportement particulier.

  43. Félix, est-ce que vous croyez que je suis trop « libertarien »?

  44. Ça sera mon dernier commentaire… c’est ton blogue après tout! 😉

    J’abolirais Loto-Québec parce qu’elle appartient à l’état, et l’état représente les citoyens. Mais comme ce sont des hauts-fonctionnaires-à-la-cravate – tu sais ces types, souvent amis du parti au pouvoir et qui se prennent pour des businessmen – qui gèrent la boîte comme si elle leur appartenait, Loto-Québec est devenu un monstre. Ça devient paradoxal et incestueux. La privatiser donc, ne changera rien sur ses méthodes de persuasion et elle continuera nous faire croire qu’on peut tous s’en sortir… avec un peu de chance, évidemment.

    Pour ce qui est du jeu, c’est une très bonne question. Je ne sais pas. Je ne permettrais pas la création d’un monopole privé, c’est certain. Et je n’ai rien contre les parties de cartes entre amiEs. Faudrait voir ce que la population aimerait faire avec ça. J’abolirais toute forme de de publicité et fermerais les casinos, ça va de soi. Je réduirais les montants à gagner à la loterie et établirais un plafond. Une grande partie des profits pourraient être versés à des organismes. Je retirerais les vidéo-pokers.

    Une consultation publique s’imposerait donc. Salut, bonne soirée!

  45. @Lutopium

    Tu peux commenter quand tu veux même si c’est ton blogue. Même David Gagnon est le bienvenu s’il veut m’engueuler.

    En quoi Loto-Québec est différent de la SAQ?

    De mon côté, je crois que Loto-Québec et la SAQ (je ne parle pas d’Hydro-Québec ici!) devraient être vendus et que la concurrence devrait être permise. Si l’État tient absolument à ces revenus, qu’elle surtaxe la vente d’alcool et de loterie et qu’elle impose les gains de loterie comme les autres revenus. C’est une forme de taxation volontaire qui est beaucoup moins inacceptable que l’impôt sur le revenu. Ce serait déjà un pas dans la bonne direction et l’État n’agirait plus à titre de pusher d’alcool et de pari compulsif.

    Le reste n’est plus de ses affaires.

    Faudrait voir ce que la population aimerait faire avec ça.

    Encore une fois, il s’agit une vision étatiste de la démocratie qui consiste en une tyrannie de la majorité et ce genre de démocratie est inadmissible pour l’anarcho-pragmatisme.

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