Ma langue maternelle est le français et je ne parle pas assez bien l’anglais pour me considérer comme bilingue. Non pas parce que je suis trop con pour être bilingue ni parce que je suis un raciste anglophobe (ce qui n’est surtout pas mon cas), mais tout simplement parce que je suis trop lâche pour apprendre adéquatement l’anglais présentement. Je sais fort bien que je peux devenir bilingue ou même mieux mais ça ne me tente pas de mettre le peu d’effort nécessaire pour y arriver, alors je me contente d’ajuster mon degré d’apprentissage selon mes besoins courants, avec le moins d’effort possible. Au moins, je peux me targuer d’être probablement l’anarchiste qui s’intéresse le plus à la blogosphère anarchiste anglophone au Québec mais j’admets qu’il est dans mon intérêt de corriger un jour mon attitude paresseuse dans ce dossier.
Mais chose certaine, si je me présentais en politique (ce qui est impensable dans les faits), il serait dans mon intérêt de mettre les efforts nécessaires pour devenir bilingue au plus sacrant et je ne me bornerais pas à ne pas me donner la peine d’apprendre l’anglais, contrairement à l’attitude rétrograde de Louise Harel, ex-fémi-favoritiste en chef du caucus du PCul et candidate à la mairie de Montreal for the Montreal Vision Party, qui aurait dû apprendre l’anglais depuis fort longtemps. Bref, si je me présentais en politique, ce serait un bon contexte pour apprendre l’anglais et je mettrais certainement les efforts pour devenir bilingue, tout simplement parce qu’il serait dans mon intérêt d’agir ainsi.
Je vois seulement trois raisons qui peuvent expliquer l’attitude de Louise Harel. Procédons par élimination pour deviner laquelle est la plus probable.
1) Elle est trop conne pour apprendre l’anglais. Ça m’étonnerait puisqu’en étant détentrice d’une licence en droit de l’Université de Montreal, elle est certainement plus intelligente que la moyenne des anglophones et des allophones de Montreal qui sont incapables d’apprendre le français. Dois-je aussi vous rappeler que ces anglophones et ces allophones de Montreal vivent actuellement dans le Cacanada, un pays avec l’anglais comme langue officielle, et le français comme langue accessoire pour amadouer les fédéraleux mous du Québec? De plus, étant donné que tous les politiciens sont plus intelligents que moi (Éric “Dongons et Dragons” Caire en est un bon exemple!), Louise Harel est suffisamment intelligente pour apprendre l’anglais.
2) Elle est trop lâche pour apprendre l’anglais. Ça m’étonnerait aussi, car étant donné que tous les politiciens travaillent extrêmement fort, je ne crois pas qu’elle soit lâche au point de ne pas vouloir apprendre l’anglais comme moi.
3) Elle est une raciste anglophobe. Étant donné que j’ai écarté les deux autres raisons, j’opte malheureusement pour cette option, à moins que Louise Harel ne me démontre elle-même que j’ai tort. Idem pour Pauline Marois, quoiqu’il semble qu’elle fait des efforts pour y arriver présentement, au moins. Le racisme anglophobe est malheureusement une caractéristique présente chez certains apparatchiks nationaleux linguistiques du PCul, qui prônent une police de la langue et des lois linguistiques fascistes comme la loi 101 (fortement appuyé même en dehors de ce cercle d’apparatchiks, malheureusement), particulièrement dans le domaine de l’affichage. Voilà qui est bien pire que la soi-disant “maladresse” des “votes ethniques” de Jacques Parizeau, un politicien qui a pris le temps d’apprendre l’anglais!
Néanmoins, dans le reste de ce billet, je vais faire semblant que les deux autres options sont possibles.
Dans la blogosphère québécoise (moi inclus), Riri Tartineau y est fortement contesté. Mais quand celui-ci adopte les positions officielles des nationaleux linguistiques culbécois, il est applaudi à tout rompre, même quand il écrit des conneries comme ce torchon pourtant acclamé par la critique, que je vais commenter ici. Voilà pourquoi il continue à écrire chez Culbécor! Comme d’habitude, voici les extraits suivis de mes commentaires.
Pour certains commentateurs, le fait que l’ex-ministre Louise Harel ne parle pas anglais est un scandale. Comment peut-on briguer le poste de mairesse de Montréal si on ne sait pas se débrouiller dans la langue de Shakespeare?
Le scandale provient de ce que j’ai dit plus tôt. Elle refuse d’apprendre l’anglais, soit parce qu’elle est soit trop conne, soit parce qu’elle est trop lâche ou soit parce qu’elle est une raciste anglophobe, ce qui est inacceptable pour les non-francophones de Montreal et je comprends très bien leurs craintes là-dessus!
Après tout, Montréal est une métropole bilingue, non ?
TRENTE-DEUX ANS PLUS TARD
Eh bien, non, n’en déplaise aux anciens membres du Parti Égalité, Montréal n’est pas une ville bilingue.
Lisez la charte de la Ville qui a est entrée en vigueur le 1er janvier 2002. L’article premier est très clair là-dessus :
« Montréal est une ville de langue française. »
Pas une ville bilingue comme Ottawa ou Fredericton : une ville DE LANGUE FRANÇAISE.
On s’en crisse des maudites chartes linguistiques fascistes à la con! DANS LES FAITS, Montreal est certainement une ville plus bilingue qu’Ottawa et Fredericton, qui sont officiellement bilingues à cause des séparatistes, et ça contribue à la richesse culturelle de Montreal, ce qui est une très bonne chose!
Au lieu de se demander pourquoi la chef de Vision Montréal ne parle pas anglais, on devrait plutôt se demander pourquoi, TRENTE-DEUX ANS après l’adoption de la loi 101, il y a encore des anglophones unilingues à Montréal.
C’est ça, la vraie question. C’est ça, le vrai scandale.
Le plus gros scandale ici, c’est que Tartineau cautionne le fait que Louise Harel refuse d’apprendre l’anglais soit par connerie, soit par lâcheté, soit par racisme, alors que les “méchants anglais” et les “méchants immigrants” de Montreal n’auraient pas le droit d’être trop cons, trop lâches ou trop racistes pour apprendre le français, selon lui.
De plus, si personne ne veut leur enseigner le français, comment ces gens-là pourront l’apprendre? Je suis même prêt à offrir mes propres services à faible coût (étant donné que les nombreux jeunes diplômés en français coûteraient trop cher (sic), semble-t-il) pour enseigner le français à ces gens-là, ce qui me permettrait de crisser mon camp de Labeaume City! Je suis même prêt à me former encore plus adéquatement pour obtenir une connaissance encore plus accrue du français et de l’anglais que celle que j’ai présentement. Mais comme les nationaleux linguistiques préfèrent des enseignants peu compétents mais expérimentés aux jeunes compétents, vulgate syndicaleuse oblige, mieux vaut que je laisse cette idée de côté!
Le vrai scandale n’est pas que Louise Harel ne maîtrise pas la langue de Mordecai Richler.
Évidemment, il utilise le nom de Mordecai Richler pour démoniser le fait anglais an Québec! Au moins, ce raciste anti-québécois parlait mieux le français que Harel parle l’anglais. Autrement dit, même un raciste anglophobe le moindrement vaillant et intelligent peut apprendre l’anglais!
C’est qu’il faut organiser des débats en anglais afin que les anglophones unilingues sachent pour qui voter lors des prochaines élections municipales !
Et alors? Il y a bien un débat en français afin que les unilingues francophones sachent pour qui voter lors des élections fédérales!
Tu habites Montréal et ta méconnaissance du français t’empêche de participer aux affaires de la cité ?
C’est TON problème, Johnny, pas le problème du chef de Vision Montréal !
Gageons que Tartineau ne dirait pas la même chose à propos d’un hypothétique chef de parti fédéraleux unilingue anglophone se présentant aux élections fédérales!
SPEAK WHITE
C’est toujours la même histoire. Six francophones prennent une bière avec un anglo et l’anglo ne parle pas français ? Les six francophones vont se mettre à parler anglais pour qu’il se sente moins seul.
Je suis d’accord avec lui cette fois-ci mais ça n’a rien à voir avec l’attitude de Louise Harel dans ce dossier. J’essaie toujours de parler en français dans mes conversations avec les autres, mais ça ne me rend pas anglophobe pour autant!
Je ne dis pas qu’il ne faut pas parler anglais au Québec, ni que la connaissance de l’anglais n’ouvre pas de portes.
Je dis qu’il n’est pas OBLIGATOIRE de parler anglais pour devenir maire de Montréal.
Personne n’a dit le contraire mais Louise Harel en paiera le prix politique, comme tout bon médiocrate! Au Québec, on aime bien démoniser Stephen Art-Peur en partie à cause de son accent prononcé lorsqu’il parle le français. Pourtant, celui-ci parle bien mieux le français que Harel parle l’anglais.
Le maire de Montréal n’est pas Secrétaire d’État ou ministre des Affaires étrangères. Il ne patrouille pas la planète et n’essaie pas de trouver des solutions au conflit qui déchire la Palestine : il gère la collecte des vidanges et le déneigement des rues.
Et le maire de Montreal ne gère pas les vidanges et le déneigement des rues des non-francophones, je suppose? Et la Ville de Montreal ne vole pas des taxes dans les poches des CONtribuables non-francophones, je suppose?
Ce n’est pas les élus ni les candidats à la mairie qui doivent faire un effort pour se faire comprendre des anglophones : ce sont les anglophones qui doivent faire un effort pour s’intégrer à la majorité !
Alors, que les unilingues francophones séparatistes du Québec fassent un effort pour s’intégrer à la majorité anglophone fédéraleuse du Cacanada! Si un fédéraleux osait me dire le même genre de vomissure, je serais parmi les premiers à le dénoncer. La même chose s’applique dans ce cas-ci!
C’est à eux de se grouiller ! C’est sur LEURS ÉPAULES que repose le fardeau de l’intégration !
C’est aux unilingues francophones séparatistes de se grouiller! C’est SUR LEURS ÉPAULES repose le fardeau de l’intégration à la majorité anglophone fédéraleuse cacanadian!
LES DESCENTES DE LIT
Organiser des débats en anglais pour expliquer les différents enjeux de la campagne électorale municipale aux anglophones de Montréal, c’est comme donner des cours de français en joual pour faciliter la tâche des étudiants.
C’est contre-productif.
Organiser des débats en français pour expliquer les différents enjeux de la campagne électorale fédérale aux francophones du Québec, c’est comme donner des cours d’anglais en English Canadian Slang pour faciliter la tâche des étudiants.
Pourquoi les anglophones feraient un effort pour se rapprocher de nous si on leur donne tout cuit dans le bec?
Pourquoi les anglophones feraient un effort pour se rapprocher des séparatistes et s’intéresser au projet séparatiste si les nationaleux les méprisent?
Cela dit, ce réflexe ne me surprend pas une miette. On est comme ça, au Québec : on passe notre temps à baisser la barre.
Tu coules ton examen de maths ? Pas de problème, on va le réécrire pour le rendre plus facile.
Comme si ce n’était pas semblable ailleurs en Occident! Aucun rapport!
Tu es musulmane et tu refuses de te baigner avec les hommes? Pas de problème, on va organiser des baignades pour femmes seulement.
Encore sa putain de marotte islamophobe! Bien sûr, les accommodements déraisonnables financés par l’État doivent être dénoncés et je suis en faveur de la laïcité de l’État, mais si les fervents croyants se le financent eux-mêmes, ce n’est pas de nos crisses d’affaires!
Tu es anglophone unilingue et tu éprouves de la difficulté à comprendre ce que je dis? No problem, I’m gonna talk in english so you can follow the conversation.
Et les francophones bilingues ou baragouinant l’anglais vont faire comment pour communiquer avec les unilingues anglophones? Impensable de leur enseigner le français sans leur adresser la parole d’abord en anglais. Bien sûr, c’est une bonne chose d’essayer de leur parler quand même en français (ce que j’essaie toujours de faire!), mais il faut prendre le temps et non pas jouer au jeu de la confrontation des nationaleux linguistiques!
Et après ça, les nationaleux étatistes se demandent pourquoi les anarchistes, les libertariens et les autres “réductionnistes de la taille de l’État” du Québec sont généralement contre la séparation du Québec. Ce n’est certainement pas en adoptant cette attitude de repli linguistique sur soi, avec la violence étatique en prime, que les nationaleux vont changer cette perception. Mais contrairement à la majorité des anarchistes et des libertariens du Québec, je suis capable de faire la différence entre un discours nationaleux stupide vomi par un parti politique nationaleux à la noix et un projet séparatiste qui favorisera le mouvement anarchiste au Québec.
Fuck les nationaleux linguistiques qui nuisent à l’essor du mouvement séparatiste au Québec par leur discours fascisant! Je suis ailleurs…
P.S.: Ce billet n’a pas pour but d’appuyer Gérald “grappes corpo-fascistes” Tremblay. D’un point de vue strictement étatiste, la validité d’un candidat ne dépend pas uniquement de ses connaissances linguistiques. En fait, selon moi, Harel ou Tremblay, c’est presque du pareil au même: un “pro-étatisme tentaculaire et obèse” fédéraleux et une “pro-étatisme tentaculaire et obèse” nationaleuse! Mais à mon avis, le moins pire des scénarios pour les Montrealers serait que Tremblay soit réélu mais minoritaire au Conseil.