Ce billet est inspiré par cette discussion suivant mon billet précédent sur les trois concepts de libre-marché. D’abord, je vais exposer les définitions et principales prémisses des deux principaux domaines de la science économique: la micro-économie et la macro-économie.
Tel que défini dans Wikipédia: “la microéconomie (ou micro-économie) est la branche de l’économie qui analyse le comportement économique au niveau d’entités individuelles telles qu’un consommateur ou une entreprise. Les consommateurs sont considérés comme des offreurs de travail et des demandeurs de produits finis. Les firmes sont, quant à elles, des demandeuses de travail et des offreuses de produits finis et de consommations intermédiaires.”
Deux prémisses principales orientent les théories micro-économiques:
1) La maximisation du profit de la firme (entreprises, corporations, etc.)
2) La maximisation de la satisfaction du CONsommateur
Généralement, la maximisation du profit de la firme prédomine sur la maximisation de la satisfaction du consommateur, mais pas toujours! On peut très bien inverser cet ordre de priorité en micro-économie.
De son côté, la macroéconomie (ou macro-économie: dont le terme est introduit en 1933 par l’économiste norvégien Ragnar Frisch) “est l’approche théorique qui étudie l’économie à travers les relations existant entre les grands agrégats économiques nationaux, le revenu, l’investissement, la consommation, le taux de chômage, l’inflation, etc.”
Une prémisse principale et un corollaire orientent les théories macro-économiques:
1) La maximisation du Produit Intérieur Brut (PIB), calculé à l’aide de l’identité des comptes nationaux (un jour, je vous expliquerai à quel point cette identité est TRÈS mal interprétée: en attendant, lisez cet article de Frank Shostak, celui d’André Dorais et celui de François Tremblay)
1 B) Un corollaire de 1): la maximisation des revenus des gouvernemamans
Les tenants du libre-marché capitaliste, particulièrement les drouatistes étatistes et les libertariens vulgaires, raisonnent selon toutes les prémisses micro et macro-économiques. D’un point de vue économique, leur ordre de priorité est le suivant:
1) Maximisation du Produit Intérieur Brut (PIB) (Note: seuls les drouatistes étatistes s’intéressent à la maximisation des revenus des gouvernemamans (pensez à Sarko Labeaume, à l’ADCUL et aux CONservateurs), mais comme il s’agit d’un corollaire de l’augmentation du PIB, les libertariens vulgaires y consentent involontairement!)
2) Maximisation du profit de la firme
3) Maximisation de la satisfaction du CONsommateur
L’appui aveugle des zélateurs du libre-marché capitaliste à toutes ces prémisses micro et macro-économiques fait en sorte qu’ils acceptent que l’État intervienne pour stimuler l’économie, quitte même à ce que l’État commette des crimes contre sa population, afin que l’économie soit la plus stimulée possible et que le PIB augmente de manière effrénée, ce qui, par conséquent, fait augmenter les revenus des gouvernements.
En ce qui concerne les gau-gauchistes étatistes, ceux-ci sont contre toute forme de libre-marché et ils ne s’intéressent pas à la partie micro-économique, en général. En fait, la seule chose qui les intéresse d’un point de vue économique, c’est l’augmentation des revenus des gouvernemamans, sauf qu’ils volent tellement d’argent aux consommateurs, aux travailleurs et aux entrepreneurs que le PIB ne peut que décroître à moyen et à long terme, ce qui plonge la société dans une pauvreté abjecte à moyen et à long terme: ainsi, les revenus des gouvernemamans diminuent à moyen et à long terme! Il est vrai que je suis souvent d’accord avec les gau-gauchistes étatistes concernant leurs diagnostics pertinents sur les effets pervers du capitalisme, mais leurs solutions sont tellement criminelles et inefficaces que je ne peux pas les appuyer là-dessus, même s’ils sont moins pires que les drouatistes étatistes!
Les tenants du libre-marché propriétarien ne s’intéressent à la macro-économie que pour critiquer les effets pervers de l’État. Au moins, ils s’y intéressent, contrairement aux anarchistes (sauf chez les anarcho-capitalistes, bien sûr!). J’ai l’intention de corriger cette situation, car il est essentiel de bien connaître l’économie pour être capable d’élaborer un raisonnement anarchiste cohérent, ce que les libertariens et les anacho-capitalistes ont très (ou trop!) bien compris! Cela dit, les zélateurs du libre-marché propriétarien (souvent des amateurs d’économie misésienne) ne raisonnent que selon les prémisses micro-économiques. De plus, ils inversent l’ordre de priorité de la manière suivante:
1) Maximisation de la satisfaction du CONsommateur
2) Maximisation du profit de la firme
Donc, pour les tenants du libre-marché propriétarien, le client est roi, contrairement aux système capitaliste actuel, et les profits ne peuvent être qu’une forme de profit entrepreneurial pur, et non pas une rente politique, ce qui est déjà une nette amélioration par rapport au système capitaliste actuel. Par contre, leur appui au droit de propriété, quoique moins pire que le simulacre de droit de propriété actuellement en vigueur dans le système capitaliste, est une forme de restriction des libertés non-économiques qui fait en sorte que les anarchistes (sauf les anarcho-capitalistes) ne peuvent appuyer entièrement cette conception du libre-marché, même si elle est beaucoup meilleure et beaucoup plus libre que le libre-marché capitaliste.
Chez les tenants du libre-marché anti-capitaliste, en plus de rejeter les prémisses macro-économiques et de considérer en priorité le client, les travailleurs entrent dans l’ordre de priorité micro-économique. On y considère les entrepreneurs et les travailleurs, comme l’ensemble des co-travailleurs ou co-entrepreneurs (je préfère cette dernière dénomination) dans une relation de collaboration volontaire, et non pas dans une forme d’hiérarchie de pouvoir. De plus, on parle plus de maximisation de la satisfaction des co-entrepreneurs que de la maximisation de ses profits. Voici l’ordre de priorité micro-économique des zélateurs du libre-marché anti-capitaliste:
1) Maximisation de la satisfaction du client
2) Maximisation de la satisfaction des co-entrepreneurs (pas nécessairement monétaire)
Tout comme dans le libre-marché proprétarien, le client est roi. La principale différence se situe dans le rôle des travailleurs et des entrepreneurs qui collaborent volontairement, à titre de co-entrepreneurs, au lieu de sombrer dans une structure d’hiérarchie de pouvoir. De plus, l’adoption d’un droit de possession, basé sur l’utilisation et l’occupation, au lieu d’un droit de propriété, et l’adoption d’un mode d’organisation coopératif non basé sur des hiérarchies de pouvoir, engendrent la conséquence logique de l’élimination de toute forme de profit. Attention, cette élimination du profit n’est qu’une conséquence logique du libre-marché anti-capitaliste, et n’est pas causée par quelconque répression étatique criminelle anti-profit à la sauce gau-gauchiste étatiste.
Tout de même, les différences entre le libre-marché propriétarien et le libre-marché anti-capitaliste sont beaucoup moins importantes que celles avec le libre-marché capitaliste. Malgré ses inconvénients, je préfère nettement le libre-marché propriétarien au libre-marché capitaliste. Mais je maintiens ma position: le libre-marché anti-capitaliste est le libre-marché qui est vraiment le plus libre!
Fuck Cacanada!